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Risque majeur de sécheresse

Il ne faut pas s'étonner de la chaleur persistante à près d'un mois de la saison hivernale. Exceptionnelles, les températures de ce mois de novembre et même du mois d'octobre sont dues à un phénomène climatique cyclique, qui résulte de la dynamique atmosphérique que connaît la partie nord Atlantique.   Ce phénomène, comme l'explique Boualem Sahraoui, climatologiste et prévisionniste en météorologie, est appelé «la phase positive de l'oscillation nord Atlantique», intimement lié à la circulation de l'air dans le nord Atlantique, laquelle circulation influe directement sur climat. «Nous sommes aujourd'hui dans une situation climatique génératrice de sécheresse. Je ne veux pas être alarmiste, mais les données en ma possession font état de perturbations climatiques qui font plonger la Méditerranée dans une sécheresse inquiétante», souligne d'emblée M. Sahraoui, qui précise qu'il s'agit là de conditions durables qui vont nous conduire vers «un hiver moins rigoureux» ou plutôt «doux». Selon ce climatologiste, cette situation climatique est générée par deux centres d'actions atmosphériques : l'anticyclone des Açores (une zone de haute pression sud-tropicale qui assèche l'herbe et génératrice de beau temps et des phases de sécheresse prolongée qui couvre le Maghreb et l'Algérie) et la dépression permanente d'Islande qui produit l'effet inverse. «Ces deux centres pilotent la machine atmosphérique de l'hémisphère nord. Cette dépression d'Islande, famille de perturbations prolongées qui arrose toute l'Europe, et l'anticyclone des Açores impactent sur les changements climatiques.» «Nous vivons l'inverse du phénomène climatique qui s'est produit en 2010 et 2012 et qui a donné un hiver très rigoureux avec de fortes chutes de neige. Cette fois-ci, il y a plutôt un affaiblissement de la dépression d'Islande et le renforcement de l'anticyclone des Açores», poursuit-il. En plus clair, ce changement climatique de sécheresse prolongée vient du renforcement de l'anticyclone des Açores, dans la péninsule ibérique, dont fait partie l'Algérie. «Ce renforcement bloque et empêche l'arrivée du froid de l'Europe, une barrière infranchissable. Il empêche l'arrivée de l'air froid polaire qui a généré les perturbations que nous avons vécues en 2011 et 2012», précise notre interlocuteur, qui insiste sur les conséquences de ce phénomène : «Nous allons vivre des conditions de douceur et de sécheresse prolongée et une faible pluviométrie par rapport aux années précédentes. Nous allons également vivre des perturbations sporadiques, de courte durée. Des perturbations semblables à celles que nous avions vécues à la fin du mois d'octobre.» Cette douceur climatique annoncée pourrait persister jusqu'à l'été. Selon M. Sahraoui, cette situation dépendra, pour le printemps 2014 de la survenue ou pas du phénomène El Nino (l'enfant terrible du Pacifique), au niveau de la côte ouest de l'Amérique du Sud et du phénomène Nina (refroidissement des eaux superficielles du Pacifique). Mais l'hiver ne sera pas totalement un long fleuve tranquille. Ce climatologiste prévoit, durant le mois de décembre, «des vents violents de 100 km/heure et des tempêtes de sable».

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