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Nigeria: le président veut prolonger l'état d'urgence dans le Nord-Est

Le président nigérian Goodluck Jonathan a demandé mercredi au parlement de prolonger de six mois supplémentaires l'état d'urgence déclaré en mai dans le nord-est du pays, l'insurrection islamiste n'ayant pu être maîtrisée.

L'état d'urgence avait été décrété par le président Jonathan dans les Etats d'Adamawa, Borno et Yobe, où les membres du groupe islamiste Boko Haram avaient pris le contrôle d'une partie du territoire, menaçant la souveraineté du Nigeria.

Le 15 mai, au lendemain du décret de M. Jonathan, l'armée avait annoncé une vaste offensive qui avait pour but de mettre fin à cette insurrection, déployant des milliers de soldats dans le Nord-Est.

"Nous avons enregistré des succès considérables en prenant le contrôle des activités des éléments terroristes", a déclaré M. Jonathan dans une lettre envoyée aux membres des deux chambres du parlement nigérian. "Mais il y a encore des défis en matière de sécurité", a-t-il ajouté, réclamant la prolongation de l'état d'urgence "pour une période supplémentaire de six mois, prenant effet le 12 novembre 2013".

Les parlementaires devraient débattre de la requête du chef de l'Etat, soumise à un vote, dans les prochains jours.

La requête initiale du président avait été approuvé très rapidement, en mai, par le Parlement, mais on ignore pour l'instant si la demande de prolongation se heurtera à plus de réticences.

L'offensive militaire lancée sous l'état d'urgence, bien que présentée comme un succès par Abuja, s'est heurtée à la poursuite des attaques meurtrières de Boko Haram visant notamment la population civile, qui se sont même intensifiées ces derniers temps.

"Il semble que plus de personnes aient été tuées sous l'état d'urgence qu'avant" celui-ci, estime Kyari Mohammed, spécialiste de Boko Haram à l'université Modibbo Adama de Yola, capitale de l'Etat d'Adamawa.

Aussi, ajoute-t-il, si les massacres à répétition dans les Etats de Yobe et Borno peuvent justifier cette prolongation, il existe peu de preuves que la stratégie des six derniers mois a porté ses fruits.

Les attaques ont certes diminué dans les grandes villes, au profit de zones plus reculées, mais cela n'a rien changé à leur nombre, leur échelle et leur brutalité.

Plus de 100 étudiants et écoliers du Nord-Est ont été assassinés sous l'Etat d'urgence au cours d'une série de massacres particulièrement violents.

Dans l'Etat de Borno, fief historique de Boko Haram, le réseau de téléphonie mobile, coupé mi mai, est toujours hors-service, une mesure prise par l'armée pour empêcher les islamistes de coordonner leurs attaques, mais qui a également empêché les civils de donner l'alerte.

Selon M. Mohammed, la demande de M. Jonathan de prolonger l'état d'urgence dans l'Etat d'Adamawa risque d'être "problématique": Dans cette zone relativement épargnée par les violences, la population sont de plus en plus frustrées par les restrictions auxquelles elle est soumise.

Les attaques de Boko Haram, qui revendique la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman --contrairement au sud, à dominante chrétienne-- et leur répression par les forces de l'ordre ont fait plusieurs milliers de victimes depuis 2009.

AFP

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