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Ban Ki-moon assure que la communauté internationale est "solidaire" du Sahel

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a assuré mardi à Bamako que la communauté internationale était "solidaire" du Sahel et appelé à "agir maintenant" pour soutenir cette fragile région d'Afrique.

Débutant une tournée régionale par le Mali, M. Ban a appelé à renforcer la coopération internationale pour faire face aux défis du Sahel, frappé par la guerre, des attaques jihadistes et la famine.

Après cet appel, il s'est rendu à Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali, étape qui n'avait pas été annoncée à l'avance pour des raisons de sécurité.

"Je voudrais exprimer toute ma compassion et le soutien des Nations unies à la population de Tombouctou, particulièrement les femmes et les enfants qui ont beaucoup souffert pendant la période de l'occupation de la ville par les jihadistes, pendant près d'un an", a-t-il dit.

Arrivé lundi soir à Bamako, M. Ban a participé mardi matin à une réunion avec les autorités maliennes et plusieurs chefs d'institutions africaines et internationales, dont l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE), la Banque mondiale (BM) et la Banque africaine de développement (BAD), qui effectueront avec lui le reste de la tournée, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad.

"Ce que je suis venu vous dire, c'est avant tout ceci : nous sommes à vos côtés. La communauté internationale est solidaire des Sahéliens. J'en veux pour preuve l'impressionnante délégation qui m'accompagne" pour la tournée, a affirmé M. Ban.

Ce voyage  intervient après la promesse de plusieurs milliards d'euros en faveur du Sahel.

Lundi, la Banque mondiale a annoncé qu'elle consacrera 1,5 milliard de dollars (plus de 1,1 milliard d'euros) à de nouveaux investissements régionaux au cours des deux prochaines années, en plus de contribuer à d'importants programmes nationaux. L'UE a de son côté promis de fournir 5 milliards d'euros à six pays de la région au cours des sept prochaines années.

La population globale du Sahel est estimée à environ 80 millions d'habitants. D'après un récent document de la Banque mondiale, "en 2012, environ 17 millions de personnes dans le Sahel ont été confrontées à l'insécurité alimentaire due à une combinaison de la sécheresse, l'accessibilité limitée aux denrées alimentaires, les prix élevés des céréales, la dégradation de l'environnement, les déplacements et les conflits".

"Nous savons que le Sahel a besoin d'efforts sortant de l'ordinaire. Nous devons dépasser les frontières institutionnelles et trouver le moyen d'intégrer à l'échelle de la région les initiatives portant sur la situation politique, la sécurité, le développement et l'aide humanitaire. C'est maintenant qu'il faut agir", a déclaré M. Ban à Bamako.

"Nous pouvons vous aider à progresser plus vite, à mettre fin à la succession des crises et à avancer vers la paix, la sécurité et le développement. Le Sahel peut avancer et il avancera mais seulement s'il est uni", a-t-il ajouté.

"Pas de développement sans sécurité"

Un des pays les plus récemment affectés dans la région est le Mali, qui a connu la crise la plus grave de son histoire en 2012 et 2013: d'abord une offensive de rebelles touareg aidés de divers groupes armés, puis un coup d'Etat en mars 2012 suivi quelques jours plus tard de l'occupation du nord du pays par des groupes armés jihadistes liés à Al-Qaïda.

Les jihadistes ont été chassés à partir de janvier 2013 par une intervention militaire franco-africaine, toujours en cours. Mais plusieurs zones du Nord malien demeurent dangereuses et ont enregistré ces dernières semaines des attentats kamikazes ou des tirs d'obus.

Le 2 novembre, deux journalistes français en reportage à Kidal (nord-est), chef-lieu de région et fief de rebelles touareg, ont été enlevés et exécutés peu après. Lundi, un véhicule a sauté sur une mine au sud de Gao (nord-est), faisant quatre morts.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a une nouvelle fois déploré la situation à Kidal qui échappe à l'autorité de Bamako mais aussi au contrôle de rebelles touareg, de militaires français et de l'ONU déployés dans le Nord.

"Il est impératif de mettre un terme à la situation qui prévaut à Kidal. (...) Le Mali ne peut pas tolérer que Kidal soit la bourse régionale du crime organisé", a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta.

Il a aussi souligné la nécessité d'actions concertées car, a-t-il dit, "aucun Etat de la région ne peut faire face à la crise du Sahel. (...) Toutes les Nations doivent converger vers la matérialisation du triptyque: sécurité, développement et paix, car il n'y a pas de développement sans sécurité".

AFP

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