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Torture : Walid Denguir, 32 ans, décédé lors d’une garde

Vendredi 1er novembre 2013, Walid Denguir, jeune homme originaire d’un quartier de Tunis, est interpellé par des policiers. Il meurt dans la nuit. Son corps porte des blessures et des ecchymoses, qui portent à croire que Walid Denguir est décédé de suite d’actes de torture.

Traces de blessure sur le corps de Walid Denguir - Crédit image : Zied Ben Taleb

Les photos sont claires et nombreuses : elles montrent des blessures et des ecchymoses sur le corps de Walid Denguir, 32 ans, originaire d’un quartier de Tunis et mort en garde à vue dans un commissariat, dans la nuit du vendredi 1er novembre. L’affaire est sortie timidement sur quelques sites blogs et sites d’information mais également lors du JT de la télévision nationale tunisienne.

Rapidement les réseaux sociaux s’emparent de l’information. Une page Facebook a même été crée :  » Nous sommes tous Walid  » compté prés de 6000 like en deux jours.

Alors que le Forum d'observation et de contrôle des centres de détention au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a lieu à Tunis, Radhia Nasraoui, avocate et grande militante des Droits de l’homme en Tunisie, a estimé que les traces sur le corps de Walid Denguir était un indice de pratique de torture.

Walid Zarrouk, secrétaire général du Syndicat des forces de sécurité intérieure, a exigé une condamnation des forces de l’ordre responsables.

Le Ministère de l’Intérieur a déclaré qu’une enquête allait être ouverte. Mais pour cela il faut un rapport définitif du médecin légiste, qui, hier, 4 novembre, soit 3 jours après le décès de Walid Denguir, n’avait toujours pas été rendu, alors que l’enterrement avait eu lieu dimanche 3 novembre.

Un des avocats de la famille de Walid, Ghazi Mrabet s’indignait de ce retard sur sa page Facebook :

Car c’est ici que réside tout l’enjeu. Si les médecins légistes tunisiens établissent des rapports conformes à la réalité, les forces de l’ordre ne pourront plus agir de la même façon, car un mécanisme de contrôle existera. Reste à savoir si des suites judiciaires auront lieu.

Il est à rappeler que la Tunisie est en train de se doter de mécanismes de lutte contre la torture. Ainsi en octobre dernier un projet de loi portant sur la création d'une Instance nationale de prévention de la torture a été adopté. Par ailleurs la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme sera désormais autorisée à visiter les centres de détention. Des initiatives importantes mais qui restent lettre morte, aucune volonté politique de réformer le système carcéral et policier n’ayant été exprimé jusqu’à présent.

Sana Sbouai

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