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Le PPS, nouveau contestataire au sein de la majorité ?

Voilà qu'à peine constitué, au forceps et dans la grande controverse, le Gouvernement Benkirane II pourrait revivre le phénomène Chabat ! Cette fois-ci, ce ne sera certainement pas le fait de l'Istiqlal, puisque le parti a quitté la coalition gouvernementale depuis plusieurs mois, mais celui du PPS de Nabil Benabdellah, fidèle allié de Benkirane depuis la constitution de l'Exécutif en 2011, qui annonce la couleur. Pourquoi et comment en sommes-nous arrivé là ?

L'élaboration du projet de loi de finances 2014, premier véritable test de la nouvelle majorité, serait entachée de graves lacunes, notamment en termes de coordination et de concertation entre les composante de l'équipe gouvernementale, qui aurait dû, selon le Secrétaire général du PPS, être associée à l'élaboration du budget 2014. C'est le sens des déclarations de M. Nabil Benabdellah  au lendemain de la présentation du PLF 2014 au Parlement. En effet, lors d'une journée d'étude organisée à la Chambre des Représentants, Mohamed Nabil Benabdellah a déclaré que le projet de loi de Finances 2014 a été présenté dans une conjoncture difficile et complexe. Et d'indiquer que la préparation de ce texte n'avait pas joui de l'attention politique qu'il fallait.

Le SG du PPS a souligné avec force que l'aspect technique y avait prévalu sur la vision politique. Et Nabil Benabdellah d'enfoncer le clou en précisant que : '' Les orientations générales de ce texte n’ont pas été discutées au sein de la majorité gouvernementale''.

Nabil Benabdellah a notamment énoncé que « le PPS n’a pas contribué à l’élaboration de ce texte de loi », et appelant ses députés à faire « une étude critique à l’égard de ce projet en introduisant des amendements ». Le ministre de l’Habitat a fait part à cette occasion de la nécessité de laisser, à travers ces amendements, “la marque progressiste” propre aux convictions du parti.

Sur ce registre, il a invité les parlementaires du PPS à proposer « des initiatives concrètes, harmonieuses et conformes aux orientations du parti » les incitant à «  s’armer d’une force de proposition qui soit à la hauteur du PPS  ... », considérant in fine “la politique d’austérité ne peut revitaliser l’économie nationale”.

Avec ce regain de dynamisme « contestataire » du Parti du Progrès et du Socialisme,  pourtant membre à part entière de la coalition majoritaire, alors que Nabil Benabdellah relance la fonction tribunitielle de son parti, (ce qui avait fait la force et l'aura du PPS lorsque Ali Yata siégeait seul à la Chambre ( !), on comprend que des jours difficiles attendent le gouvernement Benkirane, dans sa nouvelle version, apparemment toujours dans le besoin d'une majorité forte, homogène, solidaire et armée pour affronter les turbulences  de tout bord avant l'adoption du PLF 2014 par le Parlement.

Le PPS vient, en effet, de lancer une première offensive. Manifestation de mauvaise humeur conjoncturelle et circonstanciée ou point de départ d'une démarche plus contestataire, alors que ses anciens amis de la Koutla, PI et USFP, viennent de retrouver les chemins de l'action concertée ?

L'avenir proche nous le dira !

Hassan Zaatit

 

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La Nouvelle Tribune

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