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Des jeunes du préemploi réprimés devant le Palais du gouvernement

Les jeunes recrutés dans le cadre du dispositif du préemploi demandant à être intégrés, de manière permanente, dans leur poste de travail, ont été réprimés hier devant le Palais du gouvernement. Ils menacent de multiplier les actions de protestation dans les prochains mois. Des jeunes, ayant été recrutés dans le cadre des dispositifs du préemploi (DAS et ANEM) et du filet social, venus de plusieurs wilayas du pays pour exiger des pouvoirs publics leur intégration dans des postes permanents, ont été réprimés, hier, lors d'un sit-in pacifique devant le Palais du gouvernement. Ils étaient près de 70  jeunes du Comité national des travailleurs du préemploi et du filet social, affiliés au Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (Snapap) à avoir pu passer à travers les mailles de la police et atteindre le siège de cet édifice public, mais ils ne tarderont pas à être dispersés et réprimés par les forces de l'ordre. Bilan : des blessés et une quarantaine de jeunes, selon Habib Ahmed, membre du bureau national du Snapap, arrêtés et acheminés vers les commissariats d'Alger. D'autres, un peu plus d'une centaine, ont été refoulés aux portes de la capitale, précise notre interlocuteur, reçu à notre rédaction en compagnie de cinq collègues. «Notre action est pacifique, nous voulions juste demander à dialoguer et exiger notre intégration dans des postes d'emploi permanents», s'énerve son collègue, Aïssa Abdelkader, lui aussi membre du bureau national du Snapap. La colère gronde au sein cette catégorie de travailleurs, surexploités et au salaire dérisoire : entre 5000 et 15 000 DA. Ils ne cachent pas leur intention de radicaliser leur mouvement de protestation, au cas où «les pouvoirs publics ne daignent pas répondre à nos doléances». Ces travailleurs demandent l'intégration sans condition de tous les travailleurs diplômés recrutés dans le cadre du préemploi et du filet social dans des postes permanents, l'ouverture d'un dialogue avec les pouvoirs publics, le droit à la retraite, l'annulation de la politique du travail précaire et l'attribution d'une prime aux chômeurs diplômés. Ils réclament également «la prise en compte des années d'exercice à l'expérience professionnelle et le gel des concours de recrutement de la Fonction publique jusqu'à régularisation de la situation des contractants». «Nous demandons une décision politique du chef de l'Etat pour notre intégration avant qu'une catastrophe ne survienne», menace l'un d'eux, surexcité. Pour ce faire, les travailleurs du préemploi, qui sont officiellement près de 6000 à l'échelle nationale (officieusement plus de 9000), ne comptent pas baisser les bras. Ainsi menacent-ils de multiplier les actions sur le terrain dans les deux prochains mois, voire de «prendre une position politique par rapport à la prochaine élection présidentielle» si les pouvoirs publics continuent à leur tourner le dos.     

El Watan

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