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Egypte: entrée fracassante au tribunal du président destitué Mohamed Morsi

Il a fait une entrée fracassante dans le box grillagé des accusés: sous les applaudissements de ses co-détenus et quatre doigts pointés en l'air --le signe de ralliement de ses partisans-- le président égyptien islamiste déchu Mohamed Morsi n'a cessé lundi de défier ses juges.

En entrant dans le réduit, celui-là même où son prédécesseur, Hosni Moubarak, comparaît régulièrement pour répondre, lui aussi, de la mort de manifestants contestant son pouvoir, il tient tout de suite à rappeler son rang.

"Mon nom est Mohamed Morsi et je suis le président de la République", lance-t-il à la cantonade lors de sa première apparition publique depuis sa destitution le 3 juillet par l'armée, qui le détenait depuis dans un lieu secret.

Barbe grisonnante taillée de près, vêtu d'un costume bleu et non des traditionnels habits blancs des détenus, M. Morsi salue de la main ses partisans et ses avocats dans la salle de cours de l'académie de police, devenue salle d'audience dans un pays qui a ouvert, en deux ans, deux procès de présidents déposés.

"Ce qui se passe actuellement sert à couvrir un coup d'Etat militaire. Je ne peux pas accepter que l'autorité judiciaire couvre un coup d'Etat militaire", clame-t-il.

Et lorsque le juge Ahmed Sabry Youssef lui demande de se taire pour poursuivre la procédure, il s'emporte: "Je suis ici contre ma volonté et par la force". Et le juge Youssef de prononcer une suspension d'audience.

A la reprise, à la question de savoir s'il veut s'adjoindre les services d'un avocat, M. Morsi répond en vociférant: "Je veux un micro". Puis, s'adressant à la Cour en faisant des moulinets avec les bras, il éructe: "ceci n'est pas un tribunal compétent pour juger un président, il y a eu un coup d'Etat militaire et les leaders de ce putsch devraient être jugés !". 

"Le coup d'Etat est une trahison, un crime", assène le président destitué, quand que le juge Youssef prononce une nouvelle suspension.

"Exécution ! Exécution!"

Connu pour ses discours fleuve et son entêtement, M. Morsi n'a pas failli à sa réputation durant l'audience.

Après avoir fait part à ses juges de ses griefs, c'est au tour des policiers qui encadrent son box d'être sermonnés: "Ne laissez personne vous manipuler pour ne pas devenir les ennemis du peuple", leur lance le président déposé par l'armée après que des millions d'Egyptiens eurent manifesté fin juin pour réclamer son départ.

Dans les travées du tribunal, des journalistes et des avocats des parties civiles hurlent à son adresse: "Exécution! Exécution!". Il encourt la peine de mort.

Quatre mois après sa destitution par l'armée, M. Morsi doit répondre, avec 14 co-accusés, de la mort d'au moins 7 manifestants devant le palais présidentiel le 5 décembre 2012.

 

Toutes ces scènes, la télévision officielle ne les a pas retenues dans le court montage qu'elle diffuse en boucle depuis la fin de la première audience de ce procès qui reprendra le 8 janvier. Seule a filtré --sans son-- une dizaine de secondes d'images du président descendant d'un véhicule et entrant dans le box où sont déjà présents ses co-accusés.

Ces derniers, des membres de sa garde rapprochée et des dirigeants de sa confrérie des Frères musulmans, tournent ostensiblement le dos aux juges, bras levés, quatre doigts en l'air, en référence à la place Rabaa al-Adawiya (quatre se dit "rabaa" en arabe).

C'est sur cette place du Caire que des centaines de manifestants pro-Morsi avaient été tués le 14 août lorsque policiers et soldats ont dispersé dans un bain de sang leur sit-in réclamant le retour au pouvoir du président déchu.

A l'appel de leurs noms, les co-accusés scandent "A bas le régime militaire", en applaudissant celui qu'ils considèrent toujours comme le seul "président légitime" du plus peuplé des pays arabes.

 

 

AFP

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