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Yasmina Khadra. ERIC CABANIS / AFP
Yasmina Khadra. ERIC CABANIS / AFP

Yasmina Khadra: le képi, la plume et la présidence

Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, a annoncé qu'il se présentait à l'élection présidentielle algérienne de 2014.

En marge du salon international du livre d’Alger, l’auteur algérien le plus connu au monde, Mohamed Moulessehoul alias Yasmina Khadra, a annoncé qu'il se présentait à la présidentielle algérienne de 2014. Cet ancien commandant de l'armée algérienne lors de la décennie noire (année 90) dit avoir «le profil idéal» pour concourir à la plus haute fonction de l'Etat:

«J’ai été élevé par l’École des Cadets et formaté par l’amour indéfectible de l’Algérie. J’ai été également le concepteur du plan de la lutte antiterroriste dans l’Oranie. Aucun homme ne peut m’imposer quoi que ce soit. J’ai écrit Morituri sous les drapeaux. Loin des salons, moi, j’en ai vu des gens mourir…»

Surprise. Personne ne s'attendait à une telle annonce. Le quotidien Liberté en vient même à douter de sa crédibilité: «Le romancier aurait-il confondu la fiction avec la réalité? S’agit-il d’un effet d’annonce pour un thriller politique à venir ? Ou d’une candidature iconoclaste à la manière du défunt humoriste français Coluche ?»

Quelques heures plus tôt, l'auteur de Bestseller confiait lors d'un débat organisé par le salon international du livre que les Algériens étaient ceux qui l'agressaient le plus. Après avoir rappelé que l'Algérie était son pays et qu'il y était fortement attaché, l'ancien officier converti à la littérature interpelle ses pourfendeurs: «Certains ont dit que j’écrivais pour les Français. "Ce que le jour doit à la nuit" est mon plus grand succès en France, c’est vrai. Mais c’est également mon plus grand succès au Japon, en Roumanie, en Pologne, en Suisse, au Canada… Comment expliquer cela pour des lecteurs qui, parfois, sont incapables de situer l’Algérie sur une carte ?»

Khadra est le candidat que personne n'attendait. S'il maintient sa décision, il devra récolter au moins 60 000 signatures d'électeurs. Ces dernières doivent être recueillies à travers au moins 25 wilayas (préfectures), et 1 500 signatures sont exigées, au minimum, dans chacune des wilayas. Ce qui reste encore incertain, c'est la perspective d'un quatrième mandat de l'actuel président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 76 ans.

Sur les réseaux sociaux, l'annonce du directeur du centre culturel algérien n'est pas passée inaperçue.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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