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Il s'appelle Boillon, Boris Boillon

Les «méchants» n’ont qu’à bien se tenir en Tunisie, où un nouveau héros a fait son apparition. Dans son numéro du mois de septembre, le magazine people Tunivisions (PDF) révèle la véritable identité de Boris Boillon: il s'agirait en fait du célèbre agent secret britannique au service de Sa Majesté, James Bond.

La pose et l’accoutrement de l’ambassadeur français ne laisse pas de place au doute. Costume impeccable, chemise blanche, cravate bien ajustée et sourire ravageur: la panoplie de «007» est quasi complète. Seule l’incontournable montre hyper sophistiquée semble manquer. A moins que l’as du MI6, les services secrets britanniques, ne l’ait laissée à son allié Q, l’homme qui lui fournit tous ses gadgets.

Mais l’habit ne fait pas le moine. Alors, Boris Boillon ressent le besoin de révéler au monde l'homme extraordinaire qui se cache derrière ses habits flamboyants. Ses qualités, par exemple: «Le courage et la franchise». Pas plus? Certainement une preuve de l’humilité propre à tous les héros. Aussi, concède-t-il un défaut: «L’impétuosité». Un trait de caractère à peine entraperçu en février dernier, alors qu’il s’exprimait sur France 24.

«Dans ma vie de tous les jours, face aux grandeurs et aux servitudes de la vie diplomatique, je reste simple et disponible», confie-t-il à Tunivisions.

Comme ses collègues Batman ou Spiderman, Boris «007» Boillon a trouvé sa phrase emblématique. Cette devise qui le porte et le transcende, il l’a empruntée au philosophe français Henri Bergson:

«Agir en homme de pensée et penser en homme d’action.»

C’est que l’ambassadeur français prend son rôle très à cœur, déterminé par son combat pour la liberté et la justice. Sa noble mission:

«Faire en sorte que la France accompagne au mieux le peuple tunisien dans cette phase historique de transition démocratique.»

Le Boris Boillon nouveau est donc bel et bien parmi nous. Une transformation spectaculaire en guise de rédemption.

En février dernier, l’ambassadeur fraîchement nommé s’était attiré les foudres de la population et de la presse tunisienne, ulcérées par son comportement et ses propos. Il s'était montré odieux avec des journalistes venues l'interviewer, à tel point que plusieurs centaines de manifestants avaient réclamé sa démission.

Mais tout cela est désormais de l'histoire ancienne. La véhémence a laissé place à la classe incarnée. Il s’appelle Boillon. Boris Boillon.

Lu sur Tunivisions, Le Monde