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John Kerry

Le département d'Etat américain a confirmé, dans un communiqué publié jeudi sur son site internet, la visite à Alger du secrétaire d'Etat, John Kerry. Aucune précision concernant la date exacte de cette visite n'a néanmoins été donnée. Le département d'Etat a seulement fait savoir que M. Kerry allait effectuer un périple du 3 au 11 novembre qui le mènera dans des pays du Moyen-Orient et du Maghreb, dont l'Algérie. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait, rappelle-t-on, annoncé, à partir de Sidi Bel Abbès où il effectuait une visite de travail, le 23 octobre dernier, le déplacement de M. Kerry à Alger. «Début novembre, le secrétaire d'Etat américain effectuera une visite en Algérie pour avoir notre avis (sur les questions internationales)», avait-il déclaré. Concernant, justement, l'agenda de la visite du chef de la diplomatie américaine à Alger, la porte-parole du département d'Etat, Mme Jen Psaki, a été par contre loquace. Elle a notamment précisé que M. Kerry rencontrera de hauts responsables algériens et coprésidera avec le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, la deuxième réunion du Dialogue stratégique USA-Algérie. Lancé en octobre 2012 à Washington, ce Dialogue stratégique «témoigne de l'étroite coordination et du partenariat solide entre les Etats-Unis et l'Algérie sur un éventail de questions, notamment les questions politique, de la sécurité et de lutte contre le terrorisme, de l'économie et de la société civile», a indiqué Mme Jen Psaki. La visite du chef de la diplomatie américaine en Algérie et le Dialogue stratégique, précise encore le département d'Etat, «marquent le partenariat en plein essor entre les Etats-Unis et l'Algérie». Des échos sur la venue de John Kerry à Alger, en provenance des Etats-Unis, laissent penser effectivement que le discours enjôleur de Washington sur le partenariat algéro-américain n'est pas circonstanciel. A ce propos, des sources au fait des relations américano-algériennes soutiennent que l'Administration Obama est «réellement» disposée à approfondir sa coopération avec l'Algérie dans tous les domaines, y compris militaire. Bref, l'Oncle Sam aurait donné son feu vert pour mettre le «paquet» avec Alger. Et il semblerait que l'arrivée de John Kerry au département d'Etat en remplacement de Hillary Rodham Clinton y soit pour quelque chose. Il est maintenant de notoriété publique que, contrairement à Mme Clinton qui avait un penchant prononcé pour le Maroc, le nouveau chef de la diplomatie américaine partage un certain nombre d'analyses et de constats faits par l'Algérie sur la situation en Afrique du Nord et au Sahel. C'est le cas, entre autres, du conflit du Sahara occidental et du moyen de régler la crise malienne. C'est d'ailleurs cette convergence de vues qui est visiblement à l'origine de la récente crise de nerfs de la monarchie marocaine qui sent le dossier sahraoui lui échapper. Ainsi, par exemple, les Etats-Unis ne verraient plus aucun inconvénient, dit-on, à vendre des armes à l'Algérie dans le cas où le Sénat américain donnerait son aval. Les mêmes sources révèlent par ailleurs que les Américains sont prêts à faire bénéficier l'économie algérienne de leurs technologies les plus avancées (là où ils présentent des avantages comparatifs) et à étudier toutes les demandes que formuleront les Algériens. Et cela quel qu'en soit le domaine. Bien que ne comptant pas déranger les intérêts des partenaires traditionnels de l'Algérie, les Etats-Unis ne veulent plus, semble-t-il, cantonner leurs relations économiques et commerciales au seul domaine des hydrocarbures. Le Sahel et les inquiétudes américaines Au plan géopolitique et sécuritaire, les Américains - pour lesquels l'Algérie est un pays «important» et un «partenaire de premier plan» dans la région - estiment que le gouvernement algérien a un rôle leader à jouer pour stabiliser le Sahel et faire échec au terrorisme. L'attente de Washington s'appuierait sur le fait que l'Algérie dispose des atouts nécessaires (influence et poids diplomatique important au Maghreb et en Afrique, puissance financière, qualité de ses ressources humaines et expertise reconnue dans le domaine de la lutte antiterroriste) pour s'acquitter de ce rôle de leadership. Visiblement inquiets par la tournure dangereuse prise par les événements en Libye après le renversement du régime d'El Gueddafi et l'instabilité qui prévaut en Tunisie, en Egypte et au Sahel, les Etats-Unis comptent beaucoup, en tout cas, sur l'Algérie pour les aider à mettre de l'ordre dans le chaos ambiant. Un désordre qui, à terme, risque de menacer même l'Europe, surtout que la région est devenue l'armurerie préférée des groupes terroristes affiliés à Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) du fait que plus personne ne contrôle vraiment l'armement pléthorique de l'ancienne armée d'El Gueddafi. Reste à savoir maintenant si Washington sait que l'Algérie - qui a beaucoup investi par le passé dans la stabilité du Maghreb et du Sahel et qui continue d'ailleurs à le faire aujourd'hui - s'est fixée une ligne rouge à ne pas dépasser : celle de ne jamais envoyer ses soldats guerroyer à l'extérieur de ses frontières. Préférant plutôt miser sur la coopération et la sensibilisation de la communauté internationale, l'Algérie n'a effectivement jamais été tentée de jouer au gendarme au Sahel, surtout que cela est tout à fait contraire à la doctrine sur laquelle se fonde sa politique étrangère. Les Etats-Unis iront-ils jusqu'à souhaiter un changement dans ce domaine ?

El Watan

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