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- Quel premier bilan pouvez-vous tirer de cette Conférence africaine de soutien à la cause sahraouie ?   Comme vous le savez, cette Conférence est la première du genre sur le continent africain. Il y a d'abord la symbolique du lieu de sa tenue en ce sens qu'Abuja est l'une des capitales de l'Union africaine et que le Nigeria est un pays influent au niveau de notre continent, mais aussi au niveau international. Il va sans dire que le Nigeria s'apprête à occuper un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour un mandat de deux années. Il y a aussi le contexte de sa tenue qui coïncide avec de nouvelles données s'agissant de la cause sahraouie, notamment la demande des dirigeants africains lors du sommet extraordinaire de mai dernier à l'Union africaine et au Haut-Commissariat à la paix de redoubler d'efforts pour organiser un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui. Le contexte international est également propice, avec ce retour en grâce de la cause sahraouie dans les médias du monde, dans le sillage des violations des droits de l'homme dans les territoires occupés, notamment l'avis du Parlement européen qui a condamné expressément la politique répressive de l'Etat marocain et a appelé au respect du droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même. Il faut souligner par ailleurs le rapport du département d'Etat américain qui a pointé les violations des droits de l'homme et la pratique de la torture et d'autres décisions encore, à l'image de celles de la quatrième commission onusienne de décolonisation. Il y a donc un consensus international sur la nécessité d'organiser ce référendum d'autodétermination pour ouvrir une nouvelle page dans les relations intermaghrébines, basées sur la coopération et le bon voisinage.   - Quid de la Conférence elle-même ?   J'estime qu'elle a eu un bon retentissement au double plan officiel et populaire. Avec cette première rencontre, la cause sahraouie est sortie du cadre officiel de l'Union africaine et des organisations régionales. Cette Conférence a donc donné un coup de fouet à la cause en ce sens qu'elle a montré au monde que le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est non seulement soutenu par les pays africains, mais aussi par les peuples africains, les sociétés civiles et les ONG des droits de l'homme. Je vous fais remarquer que le thème de la conférence - «Libération du Sahara occidental : la fin du colonialisme en Afrique» - est déjà un positionnement clair des participants. - Le Maroc exerce un grand lobbying en Afrique pour s'attirer des soutiens à son occupation du Sahara occidental. Cette Conférence vise-t-elle à casser l'influence du Maroc ?   Evidemment. Le Maroc n'a ni argument ni discours. L'histoire ne lui est pas favorable, pas plus que ne le lui est la loi. Le problème de la cause sahraouie au niveau africain et même mondial, c'est le manque d'intérêt de l'opinion publique internationale et des médias. Et à chaque fois que nous nous sommes rapprochés des opinions publiques et des médias, le Maroc a perdu automatiquement ses arguments. Ceci parce qu'il ne dispose pas de substrat juridique, encore moins  historique à sa colonisation. C'est vous dire que le point fort du Maroc est moins la justesse de son occupation que la méconnaissance de la cause sahraouie par les opinions publiques et les médias. Cette Conférence vise, de ce point de vue, à éclairer le monde pour sortir notre cause de l'isolement. Forcément, les recommandations de cette rencontre vont susciter l'intérêt des peuples africains et corrélativement réduira l'impact de la propagande marocaine, y compris parmi les pays francophones qui gravitent autour de l'espace français. Cette conférence d'Abuja constitue indéniablement un tournant dans notre volonté de briser l'embargo et de populariser notre cause en Afrique. - S'agit-il d'une rencontre conjoncturelle ou d'une conférence pérenne, qui va se tenir régulièrement dans un pays d'Afrique ?   Cette conférence d'Abuja est effectivement le point de départ d'un sorte d'«Eucoco» africain. Le Bénin vient d'ailleurs d'être choisi à l'unanimité pour accueillir la deuxième conférence qui se tiendra en octobre 2014. C'est vous dire que cette initiative va s'inscrire dans la durée. Vous me donnez l'occasion de noter que l'absence de Pierre Galland est dictée par ses engagements en Europe, puisqu'il prépare les travaux de la 38e édition de la réunion de coordination des comités de soutien européen (Eucoco) qui se tiendra du 15 au 17 de ce mois à Rome (Italie). - Christopher Ross a effectué il y a quelques jours une nouvelle tournée dans la région. Quelles sont les premières conclusions que vous en tirez ?   M. Ross a été une nouvelle fois confronté à l'absence de volonté politique du Maroc d'aller vers le règlement du conflit du Sahara occidental. L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU a tenté une nouvelle formule de négociation à travers des entretiens bilatéraux avec les deux parties en conflit, en plus des pays influents du voisinage. Il poursuit son travail sur cette voie, mais n'a rien ramené de nouveau. Ce qui mérite d'être signalé cette fois encore c'est la répression musclée contre les militants sahraouis sortis dans les territoires occupés au moment même où M. Ross y était en tournée. M. Ross a donc pu voir ces manifestations populaires pacifiques dans toutes nos villes occupées, que les autorités marocaines ont réprimées dans le sang. - Pensez-vous que toutes ces réunions et ces mobilisations soient prometteuses pour votre cause ?     Oui, je pense que depuis le cessez-le-feu de 1991, jamais la cause sahraouie n'a été aussi bien placée sur la voie du règlement. Il y a de plus en plus d'intérêt des médias du monde aux souffrances du peuple sahraoui, mais aussi des ONG des droits de l'homme et même des gouvernements. Les missions d'observation et les séjours de militants des droits de l'homme, de parlementaires et de journalistes dans les camps des réfugiés ont été pour beaucoup dans cette prise de conscience. La proposition des Etats-Unis, en avril dernier, d'élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme est à cet égard significative. En tout état de cause, ces dénonciations des violations des droits de l'homme, l'activisme accru des ONG, le regain d'intérêt des médias du monde nous poussent à dire que le règlement de ce conflit est désormais une question de temps.

El Watan

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