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La Conférence d’Abuja booste la cause sahraouie

Les participants ont décidé de mettre en place une «task force» présidée par le Nigeria et un mouvement de solidarité africain avec la lutte du peuple sahraoui. Le Bénin va par ailleurs accueillir la prochaine conférence. Comme il fallait s'y attendre, la Conférence africaine de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui a ponctué la fin de ses travaux, à Abuja, par une déclaration plutôt «hard» à l'égard du Maroc mais aussi de... l'Union africaine. Ayant pris acte de l'incapacité de l'UA à faire entendre raison au Maroc, qui continue d'occuper le Sahara occidental et de réprimer son peuple, syndicats, ONG et sociétés civiles ont décidé d'aller aux avant-postes. Ainsi, il a été décidé de mettre en place un mouvement de solidarité pour l'indépendance du Sahara (Asmows) qui se chargera de mener le combat multiforme pour la décolonisation de ce territoire. Ce mouvement africain de solidarité se propose aussi de collaborer avec ses homologues d'Europe, d'Amérique latine et d'Australie pour la promotion de la cause sahraouie. Une journée africaine dédiée au combat sahraoui Importante résolution aussi, la Conférence a tranché le principe de créer une task force composée des représentants de toutes les régions d'Afrique. Aux côtés du Nigeria qui en assurera la présidence, le Bénin sera représenté au titre de l'Afrique de l'Ouest, l'Algérie pour l'Afrique du Nord, le Cameroun pour l'Afrique centrale, le Kenya pour l'Afrique de l'Est et enfin l'Afrique du Sud pour la partie sud du continent. La Conférence a par ailleurs apporté son soutien aux positions des gouvernements d'Afrique du Sud, d'Algérie et du Nigeria par rapport à la cause sahraouie, et a exprimé sa volonté de faire en sorte que ces positions aillent dans le sens d'une «isolation» du Maroc, comme cela avait été fait auparavant pour le système de l'apartheid. La Conférence de solidarité africaine a également exhorté les Nations unies à étendre le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme dans les territoires occupés. Dans cet ordre d'idées, elle appelle le Conseil de sécurité à faire en sorte d'organiser dans les meilleurs délais le référendum d'autodétermination du peuple sahraoui. La Conférence des mouvements associatifs et des syndicats d'Afrique bouscule aussi les gouvernements et les institutions officielles en les appelant à agir concrètement contre le Maroc. A ce titre, elle réclame de l'Union africaine des sanctions «militaires, économiques et diplomatiques» contre l'occupant marocain, «exactement comme cela avait été fait contre le régime de l'apartheid». La Conférence a décidé en outre de mobiliser les sociétés civiles africaines et les travailleurs pour le «boycott» des multinationales qui (co)opèrent dans les territoires occupés avec le Maroc. Autre décision importante : la Conférence a convenu d'instituer une Journée africaine de solidarité avec la lutte des Sahraouis, que la task force est chargée de déterminer. Les participants ont par ailleurs résolu d'organiser un programme panafricain d'assistance humanitaire au profit des réfugiés sahraouis dans les camps. Il a été convenu aussi de confier aux enseignants des universités du Nigeria l'organisation, dans deux ans, d'une conférence académique sur le combat des Sahraouis. La France en a pris pour son grade Le Bénin a été enfin choisi à l'unanimité comme pays hôte de la prochaine Conférence africaine de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui prévue en 2014.Ceci pour les résolutions. S'agissant des positions exprimées par la Conférence, force est de constater qu'elles ne sortent pas du cadre des revendications bien connues par rapport au dossier sahraoui. On notera ainsi que les syndicats et associations africaines condamnent la poursuite de la colonisation marocaine du Sahara occidental. La France, principal soutien du Maroc, en a eu aussi pour son grade. La Conférence dénonce son «travail de sape» de toute initiative visant la décolonisation du Sahara. De la même manière, la Conférence condamne la répression et les «violations systématiques» des droits de l'homme et les «crimes contre l'humanité» commis par les forces de sécurité marocaines contre les Sahraouis. Dans le même chapitre, les participants ont pointé l'«inhumain et illégal» pillage des ressources naturelles du Sahara occidental en contradiction avec les lois internationales. Enfin, la société civile du continent noir donne un coup de pied dans la fourmilière de l'Union africaine, coupable de «laxisme» à l'égard du Maroc ; la Conférence regrette en effet les positions «molles» de l'UA et des gouvernements des pays africains à l'égard de «l'indépendance de la dernière colonie d'Afrique».  

El Watan

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