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Libye - Ce que veulent les femmes

Si ce sont des hommes qui ont combattu sur le front, les femmes ont néanmoins joué un rôle prépondérant dans la révolution libyenne qui a conduit à la chute de Tripoli, la capitale, le 22 août 2011.

Ainsi, The New York Times évoquait le 12 septembre le parcours de ces femmes qui ont contribué à la chute de Kadhafi et qui souhaitent aujourd'hui davantage de pouvoir dans la société libyenne. Qu’elles soient professeurs, coiffeuses ou médecins, elles ont participé à ce soulèvement national.

Tout au long du conflit, certaines ont caché et nourri des rebelles. D’autres ont cousu des drapeaux, collecté de l’argent, contacté des journalistes. La révolte du peuple libyen a hissé les femmes à un nouveau rang dans la société. Et désormais, ces dernières ne veulent plus revenir en arrière.

Le quotidien américain décrit la trajectoire de plusieurs de ces résistantes issues de milieux divers. Aisha Gdour, une psychologue scolaire, a vendu des munitions. Fatima Bredan, une coiffeuse, a soigné des blessés. Grâce à Amal Bashir, professeur d’art, l’Otan a pu localiser des cibles pour mener des attaques aériennes.

Les femmes ont été présentes dès le début de la révolution. Le 15 février, en réaction au massacre de prisonniers perpétré dans la prison d’Abou Salim, l’entourage féminin des détenus a manifesté à Benghazi. Le même mois, Nabila Abdelrahman Abu Ras a organisé la première manifestation d’avocats. Pour elle, les femmes constituent une force majeure de la révolution:

«La population sait que les femmes ont joué un rôle dans cette révolution, même si l’information n’a pas été relayée par les médias.»

Si leur participation n’est pas remise en question, les femmes sont toujours sous-représentées dans les hautes sphères du pouvoir libye. Ainsi, au sein du Conseil national de transition (CNT), on ne recense qu’une femme.

Kadhafi déchu, les femmes souhaitent aujourd'hui que la Libye entre dans une nouvelle ère. Madame Gdour veut s’impliquer en politique; elle ne cache plus ses ambitions:

«Peut-être que je peux devenir présidente ou maire.»

Quant  à Naima Badri, elle a organisé une conférence pour les femmes au sein du conseil municipal de Tripoli. Madame Shibadi, créatrice d’une association caritative qui, depuis 2005, aide les familles pauvres, a elle aussi été active durant la révolution:

«Nous ne nous laisserons plus jamais personne nous contrôler comme cela», clame-t-elle.

Lu sur The New York Times