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Contre les pirates, les Seychelles dégainent l'arme lourde

Des armes lourdes pour mieux lutter contre la piraterie, c'est le feu vert qu'a donné le gouvernement des Seychelles aux thoniers espagnols basés à Port-Victoria, lors d’une réunion tenue le 9 septembre entre les deux pays, rapporte Malango Actualité.

Jusqu'à présent, les gardes privés qui protégeaient les bateaux de pêche dans les eaux territoriales de l’archipel ne pouvaient se munir que d’armes légères ou de poing, comme des pistolets. Avec cette autorisation du gouvernement seychellois, ils pourront désormais se défendre avec des mitrailleuses de type 12,7 mm en plus ou à la place des armes de 7,6 mm utilisées jusque-là.

Une décision «satisfaisante […] pour lutter contre les pirates dans l’océan Indien», affirme la ministre de la Défense espagnole, Carme Chacon. La demande, destinée à sécuriser les 27 navires espagnols opérant dans la zone, avait été formulée il y a longtemps déjà.

Depuis 2008, la pression des forces européennes, américaines et de l’Otan déployées en face des côtes somaliennes pour sécuriser le golfe d’Aden ont obligé les pirates à se déplacer. Par conséquent, les attaques de pirates au large des Seychelles se sont multipliées depuis septembre 2009. D’autant que la défense de l’archipel reste très difficile à organiser, dans une zone économique exclusive (ZEE) qui s’étend sur 1,4 million de km² et comprend 115 îles.

Les autorités seychelloises ont mis un certain temps à admettre que la piraterie maritime se propageait jusqu'à leurs frontières:

«Les eaux territoriales des Seychelles sont sûres, et il n'y a eu aucune attaque de pirates dans cette zone», affirmait encore le gouvernement en 2009.

La même année, les activités portuaires ont chuté de 30% à cause des risques d’attaques. Depuis, le pays est devenu un acteur majeur de la lutte contre la piraterie maritime, qui menace directement la pêche et le tourisme, les deux activités principales de l’archipel. Surtout que d'autres facteurs récents, comme la crise ou les attaques de requins, nuisent également au secteur touristique.

Après le Kenya, les Seychelles sont devenues en 2010 le second centre régional judicaire contre la piraterie. En d’autres termes, les tribunaux seychellois ont compétence universelle pour poursuivre tous les responsables d'actes de piraterie commis dans l’océan Indien. Les marines étrangères peuvent notamment remettre à la justice seychelloise les pirates arrêtés dans la zone.

Aujourd’hui, plusieurs dizaines d’entre eux sont détenus dans l'archipel depuis le verdict de leur procès ou bien en attente d'un jugement.

Lu sur Malango Actualité