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Tunisie - Les manuels scolaires font leur révolution

Jeudi 15 septembre 2011, deux millions d’élèves ont fait leur rentrée scolaire dans une Tunisie délivrée de son dictateur et de sa pensée unique.

Selon le site du quotidien tunisien La Presse, certains manuels scolaires ont à l'occasion été expurgés des références à l’ex-président Zine el-Abidine Ben Ali et à sa famille.

«Tous les passages sur l'ex-président ont été enlevés, notamment dans les livres d'histoire et d'éducation civique», a déclaré Mohamed Sfar, porte-parole du ministère de l’Education.

Au niveau primaire comme secondaire, les manuels ont été nettoyés. L’objectif de ces programmes ne correspondaient pas à l’initiation des jeunes générations à la vie politique et encore moins aux valeurs de la citoyenneté et du patriotisme. Selon La Presse, «les leçons préparaient déjà les enfants à entrer dans le moule de la sphère idéologique du RCD [le parti de Ben Ali, dissout aujourd'hui, ndlr]

Concrètement, les manuels d'enseignement débordaient de photos du président déchu et de son épouse Leila Trabelsi, et les élèves de 3e devaient à titre d’exemple étudier des extraits de discours de Ben Ali.

La nouvelle année scolaire 2011-2012 sera donc marquée par la publication, en 12 millions d'exemplaires, de quatre nouveaux manuels scolaires et la modification de 24 autres sur les 370 existants. Les changements concernent le manuel des matières sociales, mais aussi des livres d’histoire, d'éducation civique et de géographie.

«Le (RCD) était alors enseigné comme s’il s’agissait d’une notion-clé de la vie politique et civile, le repère même de la société tunisienne. […] les associations qui servaient leurs images beaucoup plus que les causes sociales qu’elles étaient censées défendre; tous ces messages redondants étaient introduits dans le programme d’éducation», résume La Presse.

«Certes, nous n’avons pas eu le temps suffisant pour introduire un thème alternatif qui honore la révolution. Toutefois, cela sera certainement rattrapé l’année prochaine», indique Belgacem Lassoued (PDF), directeur d’édition au Centre national pédagogique.

La Tunisie compte près de 6.000 établissements scolaires, dont les trois quarts sont des écoles primaires, ainsi que 57.000 instituteurs et 76.000 professeurs, a rappelé Taïeb Baccouche, le ministre tunisien de l'Education au sein du gouvernement provisoire.

La désignation des directeurs et proviseurs, «jadis effectuée d'une manière anarchique», se fait désormais en fonction de «critères fondamentaux, à savoir l'aptitude pédagogique, l'ancienneté et les diplômes», a ajouté le ministre.

Lu sur La Presse