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Marocaines, entre l'enclave espagnole de Melilla et le Maroc, 2007. REUTERS/Anton Meres
Marocaines, entre l'enclave espagnole de Melilla et le Maroc, 2007. REUTERS/Anton Meres

Les «femmes mules» de Melilla

Chaque jour, des Marocaines transportent de lourdes charges entre l'enclave espagnole de Melilla et le Maroc.

Ce qu'elles transportent sur leur dos est exhonérée de taxe. Qu'il s'agisse de 50, 60, voire 80 kilos de marchandises. Chaque jour, des dizaines de Marocaines, souvent mères de famille et célibataires, empruntent la route qui relie la ville autonome de Melilla au Maroc. Elles traversent, le dos courbé par la charge, Barrio Chino, une voie frontalière uniquement réservée aux piétons.

Comme le rappelle la BBC qui consacre un reportage au travail de ces femmes, Melilla est un point d'entrée important pour les produits à destination de l'Afrique du Nord. Si ces marchandises peuvent être transportées à dos de femmes, elles sont automatiquement importées sans taxe par le Maroc.

Le soleil est à peine levé que les femmes s'agitent pour déplacer la marchandise: des vêtements, des affaires de toilette, des ustensiles, des appareils...Le tout enveloppé d'un drap tenu par un bout de ficelle ou une corde. Latifa fait des allers-retours depuis 24 ans et dit gagner trois euros à chaque voyage. Pour nourrir sa famille, elle n'a pas eu le choix. C'est un travail qui lui a permis de palier l'absence d'un mari. Mère de quatre enfants, Latifa raconte qu'elle a divorcé car son conjoint la battait.

Selon la BBC, c'est le cas de nombreuses femmes présentes à Mellila. Beaucoup assument seules leur famille et l'Etat marocain ne leur apporte aucune aide.

Par delà leur situation familiale, ce travail soulève de nombreuses critiques: des femmes, souvent âgés, portent des charges insoutenable. De plus, il renvoie à des conditions dignes de l'esclavage. Si certains commencent à réfléchir à un autre modèle économique, d'autres plaident pour la survie de ces échanges qui vont vivre des milliers de familles.

Lu sur BBC

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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