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Mozambique: l'armée prend une deuxième base de la Renamo

L'armée mozambicaine a revendiqué mardi la prise d'une deuxième base de l'ex-rébellion Renamo la veille, huit jours après une première opération similaire dans ce pays qui peine à se remettre de la guerre civile des années 1980.

"Les forces armées ont investi et démantelé une base de la Renamo à Meringue lundi", dans le centre du pays, a déclaré un porte-parole de la présidence, Edson Macuacua, au cours d'un déplacement du chef de l'Etat dans la province de Manhica (centre), près de la ville de Catandica.

"Il y a eu un échange de coups de feu mais pas de pertes de vies humaines", a-t-il précisé à des journalistes, dont l'AFP. 

Le 21 octobre, l'armée avait lancé une opération similaire sur la principale base de la Renamo à Satunjira, dans la même région, tuant l'un de ses députés au parlement. Le lendemain matin, des éléments isolés de l'ex-rébellion avaient attaqué un poste de police.

Ces incidents violents ont provoqué l'inquiétude à l'étranger, notamment chez l'ex-puissance coloniale portugaise, aux Etats-Unis et chez le grand voisin sud-africain, très soucieux de la stabilité régionale. Tous ont appelé au dialogue pour éviter l'escalade de la violence, dans ce pays ruiné par une guerre civile qui avait fait au moins un million de morts entre 1977 et 1992.

La Renamo n'avait pas réagi mardi après-midi à l'annonce de la prise de sa seconde base. 

Devenu le principal parti d'opposition à la fin de la guerre civile, la Renamo était à l'origine un mouvement de guerilla anti-communiste qui combattait le Frelimo, d'obédience marxiste à l'époque, au pouvoir depuis l'indépendance en 1975.

Le Mozambique fut l'un des champs de bataille africains de la guerre froide. Le Frelimo était alors soutenu par le bloc de l'Est, tandis que la Renamo a été aidée d'abord par la Rhodésie (devenue ensuite indépendante sous le nom de Zimbabwe), puis par l'Afrique du Sud de l'apartheid.

Après la chute de l'Union soviétique, des négociations ont conduit à des accords de paix signés à Rome en 1992. La Renamo est alors devenue un parti politique, le premier parti d'opposition. Mais elle n'a jamais pu remporter une élection contre le Frelimo.

Certains analystes interrogés récemment par l'AFP notaient d'ailleurs que nombre de questions politiques posées par la Renamo sont pertinentes, et notamment celles du contrôle de l'appareil d'Etat par un seul parti et du système électoral, qui avantage fortement le Frelimo.

Ces dernières années, la découverte de gisements gigantesques de pétrole et de gaz au large du Mozambique a en outre avivé les convoitises. La Renamo tente désormais, selon les analystes, d'obtenir un partage des immenses revenus de l'exploitation des ressources minérales, dont personne ne soupçonnait l'existence lorsque les accords de paix ont été signés.

Dans ce contexte, le chef historique de la Renamo, Afonso Dhlakama, s'est retiré avec des hommes armés dans une zone montagneuse du centre du pays en 1992, menaçant de relancer les attaques contre les symboles du pouvoir. C'est de cette cache que l'armée l'a délogé le 21 octobre.

Depuis quelques mois, la Renamo avait lancé quelques escarmouches - parfois meurtrières - contre des postes de police ou des routes. Ce retour de l'insécurité a inquiété le pouvoir, qui a donc décidé les opérations contre les deux bases de la Renamo pour tenter de forcer les ex-rebelles à s'asseoir à la table de négociations.

"Leurs deux bases principales étaient Satunjira et Maringue, et elles ont été désactivées", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence: "Ils sont affaiblis maintenant avec la désactivation de ces deux bases. La meilleure chose à faire pour eux est de négocier et de cesser ces raids".

AFP

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