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#freeAnouzla, la fin d’une icône…

Ali Anouzla est libre ! Certes, il demeure inculpé. Certes, les charges qui pèsent sur lui sont lourdes. Certes, rien n'indique pour le moment que le fondateur du site Lakome sera jugé selon les dispositions du code de la presse. Mais Ali Anouzla est libre après plusieurs semaines de détention à la prison de Salé.

Pour tous ceux qui, à l'instar de La Nouvelle Tribune et de www.lnt.ma, ont réclamé, PAR PRINCIPE, sa mise en liberté provisoire, sans porter d'appréciation sur le fond de l'affaire, il s'agit d'une première victoire, celle de la raison et de l'intelligence des faits et du moment…

En effet, dès son incarcération, le journaliste a été le sujet d'une forte campagne, nationale et internationale, destinée, non à favoriser son élargissement, mais plutôt à en faire la victime et le symbole de « la répression makhzénienne », aveugle et liberticide, en application d'agendas et d'objectifs qui n'avaient, en vérité, rien à voir avec l'individu lui-même, sa situation d'incarcération, les charges qui pesaient contre lui et les peines encourues.

Anouzla en prison, c'était du pain béni pour « les expats » de luxe qui font de la victimisation par procuration, planqués qu'ils sont à Madrid, Ljubljana, Stanford ou ailleurs.

Anouzla embastillé, c'était une occasion en or pour les Cembrero boutefeux, les Human Right Watch, les Reporters sans Frontière et autres officines qui, de Copenhague par exemple, financent des sites d'information « marocains », sans pudeur, ni respect pour la première règle d'indépendance éditoriale, celle de refuser des financements étrangers ! On notera au passage que le Danemark est l'un des Etats européens parmi les plus hostiles à notre cause nationale sacrée…

Anouzla en taule, c'était tout bénéfice pour ceux qui veulent accréditer l'idée qu'au Maroc, les libertés reculent, le droit à l'expression est bafoué, et que le fondateur de Lakome était en réalité « puni » pour des articles précédents et non inculpé pour « apologie du terrorisme »…

Que disent-ils aujourd'hui nos vaillants défenseurs des droits de l'Homme, procureurs par procuration, spécialistes du jugement à l'emporte-pièce ?

Dépités, frustrés, privés de leur icône, ils accusent désormais, à mots couverts, Anouzla d'avoir « tourné sa veste », cédé aux pressions occultes, préféré sa marocanité et sa qualité de journaliste professionnel à celle de victime expiatoire manipulée par des milieux hostiles.

Pendant que Ali Anouzla se morfondait dans sa cellule, ceux-là péroraient devant les micros et les caméras de la « presse internationale », publiant communiqués et contre-communiqués, tenant conférences de presse et réunions avec des autorités étrangères, pour rendre impossible une solution de compromis, afin que le prévenu Anouzla reste en sa geôle.

Car cela n'arrange en rien les Bob, Ali, Ignacio et autres Réda, et encore moins les professionnels locaux du « comité de soutien » (à tout et n'importe quoi) et les sempiternels participants aux sit-in, (quel qu'en soit le motif pourvu qu'ils se déroulent devant la « flicaille bastonneuse»), que Anouzla sorte de prison.

Anouzla libéré, c'est le pain qu'on ôte de la bouche à tous ces messieurs-dames de la protestation institutionnalisée, et voilà pourquoi ils en sont fort marris…

Au point qu'ils « convoquent la presse » non pour se féliciter de la libération d'un confrère, mais pour le juger et le condamner à la place de ces magistrats qui ont eu l'outrecuidance de donner raison aux arguments d'un avocat, Me Hassan Semlali, lequel, ô crime infâme, ne fait pas partie du quarteron des ténors du barreau dont l'essentiel de l'activité est de se commettre d'office à chaque occasion qui leur est donnée, non pour défendre, mais pour pourfendre…

Que l'on exprime ici même notre satisfaction pour ce début de solution heureuse car Ali Anouzla, qui, selon son avocat, a présenté ses excuses et proclamé son refus de servir de complice aux terroristes, pourrait répondre d'autres chefs d'accusation que ceux qui sont jusqu'à présent avancés.

La presse marocaine, responsable, sortira grandie de cette affaire, ainsi que l'image du Maroc, si tant est que l'on pouvait douter d'une telle issue…

Quant aux professionnels de l'intox, de la manip et de la victimisation, partis sous d'autres cieux et prompts à dénigrer de leurs « positions préparées à l'avance », il leur faudra attendra une prochaine icône, Anouzla ayant refusé ce rôle peu glorieux en vérité et terriblement dommageable pour le bien le plus précieux de l'Homme, sa liberté.

Un bien qu'ils n'hésitent pas à sacrifier quand il s'agit des autres…

 

Fahd YATA

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La Nouvelle Tribune

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