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Des peines de 5 à 10 ans de prison ferme ont été requises contre les auteurs présumés du vol de carburant de la station Naftal du Caroubier 26 prévenus, dont 20 en détention, ont comparu, mercredi dernier, devant le pôle pénal spécialisé près la cour d'Alger. Ayant pris fin jeudi dernier à... 5h du matin, le procès a mis à nu la gestion archaïque d'une des plus importantes stations de stockage de carburant, où le volume des approvisionnements et celui de la distribution échappent au contrôle... Le procès des auteurs présumés du vol de carburant de la station de stockage de Naftal du Caroubier, à Alger, s'est terminé jeudi à... 5h. Un exploit pour la magistrate Seloua Derbouchi, du pôle pénal spécialisé de Sidi M'hamed près la cour d'Alger, qui a jugé cette affaire et laissé l'opinion publique sur sa faim. En effet, l'audition des 26 prévenus, en majorité des employés de Naftal, des experts et des témoins, n'a pas réussi à éclaircir les zones d'ombre qui entourent cette affaire, pour laquelle le procureur a requis douze peines de 10 ans de prison, une de 8 ans, quatre autres de 7 ans et six de 5 ans, assorties d'une amende d'un million de dinars, réclamée par Naftal en tant que partie civile. Pourtant, cette même entreprise avait, sur la base d'un rapport d'audit interne, écarté tout «préjudice» en expliquant qu'elle «n'a jamais décelé de manque». Le rapport a d'ailleurs orienté le débat lors de l'audience de mercredi dernier. Poursuivis pour «constitution d'association de malfaiteurs», «dilapidation de deniers publics», «faux et usage de faux en écriture commerciale» et «abus de fonction», les accusés ont, dans leur majorité, nié les faits qui leur sont reprochés. Ils veulent tous circonscrire une grande affaire de trafic de carburant aux responsabilités assez larges, à un simple incident : celui du 2 février 2013, lorsque les policiers ont intercepté un camion-citerne transportant 27 000 litres de carburant, qui venait de quitter la station du Caroubier avec de fausses factures. Instrument de mesure artisanal Les prévenus ont eu suffisamment de temps en prison, pour élaborer un scénario en profitant des points faibles de l'enquête policière et judiciaire. En effet, en organisant la souricière au camion-citerne pris en flagrant délit de vol de carburant, les policiers n'ont pas poussé leurs investigations pour lever le voile sur les ramifications de cette affaire, dont les responsabilités ne se limitent certainement pas uniquement aux personnes qui sont dans le box. Raison pour laquelle bon nombre d'entre elles sont revenues sur leurs aveux, notamment après que Naftal eut affirmé, dans son rapport d'audit, qu'il «n'y a pas de manque ni de préjudice» et que l'expertise judiciaire a plutôt fait état de graves défaillances dans la gestion des entrées et sorties du carburant de la station, dont l'évaluation des quantités à l'ère de l'électronique se mesure chez Naftal avec... une règle. Seuls deux d'entre eux, Rachid Sayeh, le chauffeur (d'une société privée travaillant pour Naftal), pris en flagrant délit, et Nacer Mokhtar, le principal prévenu, un ancien chef de la sécurité interne de Naftal, ont eu le courage d'assumer leurs actes en avouant les faits devant le tribunal. Les autres, Benyahia Riyad (gérant de la station d'essence privée des Annasser), Chemikh Tarek (gérant de la station d'essence privée d'Ouled Fayet), Fassouli Brahim, Lecheheb Omar, Benmokrane Lyes, Belkif Omar, Khedaoui Djelloul, Guani Berdi Sami, Khedoudi Hakim, Aderghal Hamid, Hellali Ali, Chourahi Samir, Kassa Mohamed, Zerrouk Nasreddine, Boumaaza Mohamed, Laalami Abdellah, Benguerouach Hassen, Choubat Abdelhak, Brahiti Farid, Tounsi Omar, Sekkal Boualem, Boudrani Samir, Hadj Mihoub Sidi Moussa, Hadj Rahmoun Ismail, tous des agents de sécurité, des remplisseurs de carburant, des agents de contrôle, des chauffeurs et responsables d'hygiène de sécurité de Naftal exerçant à la station de stockage du Caroubier, ont nié les faits, en déclarant que leurs aveux avaient été faits sous la pression, ou alors qu'ils avaient signé sans lire le contenu des procès-verbaux. Mais ils ne s'attendaient pas à ce que Nacer Mokhtar les confonde. «Oui, j'ai falsifié les factures pour le compte des agents de sécurité en contrepartie de 20 000 DA, afin de faciliter la sortie des camions-citernes transportant le carburant pour le vendre au marché noir. Je le faisais avec la complicité des chauffeurs dont les noms étaient portés sur les documents falsifiés, et les agents de sécurité et de contrôle qui assuraient la sortie des camions-citernes», déclare-t-il d'une voix très sereine. Les visages de ses co-prévenus se crispent. Ils le regardent les yeux écarquillés. La présidente va dans le détail. Elle l'interroge sur les factures. Nacer devient le prévenu principal, vers lequel, la présidente revient à chaque fois qu'un des mis en cause n'apporte pas les réponses voulues. Puis c'est au tour du chauffeur, Rachid Sayeh, pris en flagrant délit. Il révèle avoir agi sur la demande de Nacer Mokhtar et accuse Chouiet Abdelhak de lui avoir remis les fausses factures. La juge l'interroge sur les «prétendues pressions» qu'il aurait subies et le prévenu répond : «J'ai subi des pressions en prison, exercées par certains de mes coprévenus. J'en ai même parlé au juge d'instruction. Ils voulaient que je retire mes aveux à propos des opérations que j'ai faites avant celle du 2 février. Ils m'ont même dit que Nacer Mokhtar est revenu sur ses déclarations et que moi aussi je devais le faire...» «Le jaugeage du carburant se fait d'une manière archaïque avec... une règle graduée.» Des factures scannées Les auditions sont entrecoupées par l'intervention du représentant de Naftal. A chaque fois, il tente d'expliquer, à la juge, le fonctionnement de la station du Caroubier et le cheminement des camions-citernes, en précisant que «l'auteur qui a scanné les factures a facilité les opérations frauduleuses». Durant un long moment, il parle du bon d'enlèvement avant le dépôt à la porte de sortie, d'une copie de chaque document reçu au cours de la tournée du camion-citerne, etc sans pour autant expliquer pourquoi les quantités subtilisées durant des mois n'ont pas été décelées. Cependant, il révèle quand même que l'entreprise s'est dotée d'un appareil de mesure... après cette affaire. L'audition de l'expert judiciaire laisse perplexe. Lui aussi réfute tout écart dans les stocks de carburant. Les écarts trouvés ne sont pas importants. «Ils représentent la norme en matière de perte», dit-il, en précisant toutefois que dans les documents internes de l'entreprise, cette norme n'est notifiée nulle part. A la surprise générale, il déclare qu'il «n'existe pas de techniques qui permettent de déterminer les approvisionnements de la station du Caroubier en carburant». Pour ce qui est de la distribution, l'expert souligne que c'est déterminé «d'une manière traditionnelle et très archaïque, c'est-à-dire avec une règle numérotée. Ce qui ne permet pas de vérifier les quantités distribuées et vendues». En fait, l'expert met à nu une gestion des plus catastrophiques du plus important stock d'essence et de gasoil que l'Etat importe chaque année au prix fort. Les avocats vont utiliser ces failles pour plaider. Ainsi, les maîtres Saddek Chaïb, Soufiane Chalal et Farid Benbelgacem réfutent «tout fait de dilapidation en raison de l'absence de préjudice, comme l'ont signifié l'expertise et l'audit interne». Maître Abderahim Bouhenna rejette le délit de dilapidation de denier public, arguant du fait que les prévenus ne sont que des employés contractuels et non pas des fonctionnaires de l'Etat. Pour lui, tout comme pour Me Chaïb, «Naftal elle-même a reconnu qu'aucun préjudice ne lui a été causé, alors où est la dilapidation ?» Abondant dans le même sens, les Maîtres Nacéra Bouali Hettak, Sayeh, Barhoum, Kourtel, Soufiane Chalal et Amine Benkraouda clament l'innocence de leurs mandants et réclament la relaxe, alors que d'autres avocats ont plutôt axé sur la responsabilité des dirigeants de Naftal qui, selon eux, «devraient être les seuls prévenus dans cette affaire». Me Chaib, qui a clôturé, vers 5h, la séance des plaidoiries, a insisté sur la personne de son mandant, Nacer Mokhtar. «Il a été injustement licencié quelques années plus tôt, et il a réussi à être réhabilité par la justice. Mais Naftal a refusé de lui payer les dommages et intérêts. Il a dénoncé le vol de carburant dans une lettre qu'il a envoyée au PDG de la société, mais en vain. Il a fini par faire comme font les autres. Il s'est vengé à sa manière. Il a été sincère jusqu'à la dernière minute. Il a mis à nu une gestion catastrophique. Je demande au tribunal les circonstances atténuantes», a-t-il souligné.                    L'audience a été levée et le verdict ne sera connu que dans 15 jours.  

El Watan

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