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-En tant qu'acteur de la société civile, avez-vous participé au plan de sauvegarde de La Casbah ? Nous sommes une force de proposition. Au niveau de l'Etat, il existe trois institutions pour la restauration et la sauvegarde. De notre côté, nous connaissons tous les dessous. Nous pouvons apporter des conseils. Nous avons une expérience de plus de 30 ans. Nous travaillons sans prétention. Nos carrières sont derrières nous. Nous ne voulons ni subvention ni contrat. Nous avons tant de conseils que nous voulons donner à titre de propositions, comme restaurer en respectant le cahier des charges. La télé a annoncé 142 entreprises qui activent dans la sauvegarde. Ces entreprises sont-elles spécialisées ? C'est une question que nous nous posons. Il faut des entrepreneurs spécialisés dans la sauvegarde et la restauration du patrimoine. Ces entreprises sont payées. Ont-elles avancé dans les travaux ? Nous sommes insatisfaits de ce qu'elles font. A titre d'exemple, pour dégager les gravats, 142 entreprises qui ramassent 100 kg par jour durant un mois, cela fait 200 tonnes. Comment se fait-il que les gravats soient jetés dans l'espace public ? Une association, que je ne citerais pas, a été chargée du ramassage des gravats. Constatez vous-mêmes le résultat. Pourquoi les institutions ne créent-elles pas de commissions de consultation pour se concerter et débattre des travaux à entreprendre à La Casbah ? Il y a des connaisseurs du terrain et des techniques de restauration que l'on ne peut berner. Nous ne voulons pas que La Casbah serve à des gens pour commercer. -Comment La Casbah est-elle arrivée à ce stade ? Le délabrement a pris de la vitesse ces trente dernières années, à partir de la période 1984-1985. Les problèmes à La Casbah ont commencé surtout depuis l'alimentation de la médina en eau. La Casbah est fragile. Elle est surtout construite à base de sable. On peut aussi citer plusieurs facteurs. Des conflits familiaux ont éclaté pour des histoires d'héritage. Et puis, durant des décennies, des propriétaires ne se sont pas manifestés. C'est à partir des années 2000 qu'ils ont pris conscience que leur demeure pourrait être une maison d'hôte et de restauration. Les biens vacants ont été habités par des gens. Parmi ces derniers, pour être relogés, ils ont commencé à casser les maisons et, souvent, ils ont été à l'origine des effondrements. Des personnes ont ramené des bricoleurs pour les travaux. Ces derniers, une fois la maison effondrée, accusent l'Etat d'être responsable. Aussi, lorsque un propriétaire n'apparaît pas, le voisin réalise un trou dans le mur et vend la maison abandonnée. -Par ailleurs, il y a des entrepreneurs qui ont bouché le trou d'aération sur les terrasses. Une fois, une dame m'a appelé pour diagnostiquer un problème chez elle. Je suis entré. Il y avait une odeur nauséabonde. Pourquoi ? L'entrepreneur avait construit des toilettes sur la terrasse et avait utilisé comme trou d'évacuation celui qui servait à récupérer les eaux de pluie. Ce trou est destiné, dans l'architecture originale des maisons de La Casbah, à conduire les eaux récupérées des pluies vers «el djab», qui peut se traduire aujourd'hui comme une bâche d'eau. Dans certaines maisons aussi, quand les conduites sont bouchées, ça déborde chez les voisins. Une opération de relogement de plusieurs familles était prévue en 1979 dans le quartier de Bachdjerrah où 1800 logements étaient prêts ; elle n'a pas eu lieu. Si ce programme avait réussi, nous n'en serions pas à ce stade. -Quelles sont les solutions d'urgences selon vous ? Il faut avoir l'âme de La Casbah pour faire un bon travail. Toutefois, l'urgence est de maintenir le rythme des travaux, pas de les arrêter en cours de route. Autre exemple : les madriers sont placés avec un morceau de bois à leur pied. Si un gamin l'enlève, tout s'effondre. La Casbah mérite un travail chirurgical. Les entreprises sélectionnées, comment ont-elles eu les marchés ? La Casbah n'est pas mécanisée. Si les entrepreneurs n'utilisent pas une cavalerie de baudets comme dans l'ancien temps pour dégager les gravats, ils ne peuvent pas continuer à travailler. Il faut aussi commencer par réunir les forces, le ministère de la Culture, l'APW et les compétences de la société civile. Pas n'importe qui. Il faut la présence de ceux qui ont une expérience dans le domaine. Je fais allusion aux éléments de terrain. Nos interlocuteurs doivent nous écouter. Il faut également une actualisation juridique pour connaître les propriétaires des maisons. Il est préconisé la signature de conventions entre l'Etat et les propriétaires, dont les maisons ont été sauvées et restaurées, pour interdire la location des douéras durant une certaine période. Mais lorsqu'une maison risque de s'effondrer, la priorité est donnée aux travaux de sauvetage. La priorité est de sauver les personnes.

El Watan

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