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Somalie: une radio privée réputée fermée pour occupation illégale de local

Radio Shabelle, radio privée la plus connue de Somalie, a subi samedi une descente des forces de sécurité somaliennes, qui ont coupé sa diffusion, l'accusant d'occuper illégalement ses locaux, selon des témoins et sources policières.

Les forces de sécurité ont bouclé les environs du bâtiment, alors que d'autres journalistes arrivaient sur place.

"Des employés de la radio (ont été) contraints de monter dans un camion (...) Ils ont été emmenés au département des enquêtes criminelles", a indiqué un témoin, Osman Ayanle.

Le raid a été mené par des hommes lourdement armés, qui ont également arrêté des journalistes dans les locaux et qui commençaient à rendre compte du raid sur les ondes, avant que la radio ne soit fermée, ont ajouté des témoins et des sources policières.

Les forces de sécurité sont intervenues quatre jours après la diffusion d'une lettre du ministère somalien de l'Intérieur ordonnant à Radio-Shabelle de quitter le bâtiment qu'elle occupait depuis quatre ans. Selon le ministère, ce bâtiment, situé près de l'aéroport de Mogadiscio, appartient au gouvernement.

"La direction de Radio Shabelle a ignoré et même rejeté une lettre du ministère de l'Intérieur leur ordonnant de partir du bâtiment gouvernemental", a déclaré Ali Mohamed, un responsable policier, estimant que la radio était restée "illégalement plusieurs années" dans ces locaux.

Selon lui, la descente n'a "rien à voir avec les opérations courantes de radio shabelle". "On leur avait donné du temps pour bouger et ils ont refusé, c'est la raison du raid", a affirmé le responsable policier.

Radio-Shabelle affirme, quant à elle, occuper le bâtiment en toute légalité: elle dit avoir un accord avec le ministère des Transports. Le bâtiment appartenait à la compagnie aérienne somalienne avant que le pays ne sombre dans le chaos à la chute du président Siad Barre en 1991.

Vendredi la direction de la station privée avait expliqué, dans un communiqué posté sur son site internet, avoir "saisi la Cour suprême" dans cette affaire. "Mais la Cour suprême a refusé de traiter notre dossier, nous renvoyant vers un tribunal régional qui a aussi refusé de nous entendre", avait-elle poursuivi.

"Nous avons donc décidé de rester dans les locaux pour résister, nous préférons mourir à l'intérieur du bâtiment que d'être tués à l'extérieur", a-t-elle encore ajouté, disant également vouloir rester dans ce bâtiment pour des raisons de sécurité : l'aéroport, proche, est ultra-sécurisé.

La Somalie, et notamment Mogadiscio, reste l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes. En 2012, 18 professionnels des médias ont été tués dans le pays, dont quatre au moins travaillaient pour Radio-Shabelle.

Les meurtres de journalistes sont régulièrement attribués aux islamistes shebab mais sont aussi parfois liés à des règlements de compte entre les multiples factions claniques qui fragmentent la Somalie, privée d'autorité centrale depuis 1991.

Radio-Shabelle, l'un des médias les plus exposés du pays car victime de pressions permanentes de la part des milices radicales islamistes, a reçu en 2010 le Prix de la liberté de la presse décerné chaque année par Reporters sans frontières et un jury international.

 

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