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L'Afrique de l'Ouest décide de hâter ses pas vers un marché unifié

Réunis en sommet extraordinaire vendredi à Dakar, les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont pris une série de décisions destinées à hâter la création d'un marché unifié dans cette région de 15 pays à partir de janvier 2015.

Même si des questions d'ordre politique étaient inévitables, le sommet a consacré une grande partie de ses travaux aux questions économiques: cordon douanier régional unique, monnaie communautaire, négociations commerciales avec l'Union européenne (UE) entre autres.

"Les chefs d'Etat et de gouvernement ont réaffirmé leur ferme engagement pour le développement de la région à travers l'approfondissement de l'intégration économique", selon le communiqué du sommet lu à l'issue des travaux par le président de la Commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouédraogo.

Ils ont pris une série de "décisions spécifiques" en vue d'attendre cet objectif, la mesure phare étant l'instauration d'un "tarif extérieur commun (TEC)" de la Cédéao, qui sera un cordon douanier unique, applicable à toutes les marchandises provenant de pays non membres à partir du 1er janvier 2015.

Pour les dirigeants ouest-africains, cette "union douanière" est une "étape décisive et irréversible dans le processus de consolidation du marché commun", et ils ont validé des recommandations de leurs ministres concernant "les mesures complémentaires de protection (douanière) relatives à la taxe d'ajustement à l'importation et à la taxe complémentaire de protection pour permettre un ajustement progressif de l'application harmonieuse du TEC qui interviendra à partir du 1er janvier 2015", selon le communiqué.

"Avec l'adoption du TEC, nous constituons désormais un bloc commercial solide et compétitif, capable d'améliorer la contribution de notre organisation et de nos Etats dans les échanges mondiaux et de dynamiser le commerce intra-communautaire", a déclaré le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Cédéao, dans son discours de clôture du sommet.

"Nous avons aujourd'hui fait un pas important et franchi une étape supplémentaire pour la consolidation de notre union et l'approfondissement de notre intégration communautaire", a estimé M. Ouattara.

"Nouveau scénario d'accès au marché" de l'Afrique de l'Ouest

 

Les dirigeants de la Cédéao ont par ailleurs confirmé leur calendrier pour la création d'une monnaie unique en Afrique de l'Ouest en 2020.

Créée en 1975, la Cédéao est une véritable mosaïque, avec environ 300 millions d'habitants répartis entre des pays francophones, anglophones et lusophones, qui utilisent différentes monnaies.

Huit de ses Etats membres ont en commun le franc CFA arrimé à l'euro et sont rassemblés au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa): Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

Chacun de ses sept autres pays membres a sa monnaie: Cap-Vert (escudo), Gambie (dalasi), Ghana (cédi), Guinée (franc guinéen), Liberia (dollar libérien), Nigeria (naira) et Sierra Leone (leone).

La Cédéao espère la création à partir de 2015 d'une monnaie unique pour ces sept pays au sein d'une deuxième sous-entité régionale, la Zone monétaire d'Afrique de l'Ouest (ZMAO), qui fusionnera ensuite avec l'Uémoa pour faciliter la création de la zone monétaire unique en 2020.

Le sommet a invité "les Etats membres (...) à prendre toutes les dispositions utiles pour assurer la convergence de leurs politiques macroéconomiques nécessaires à l'opérationnalisation de la deuxième zone monétaire".

Autre point discuté à Dakar: les accords de partenariat économique (APE) que tente de conclure l'UE avec des pays en développement, sans grand succès. Les négociations piétinent depuis plus de 10 ans notamment parce que les pays africains craignent que l'ouverture des marchés ne fragilise leurs économies.

Les dirigeants ouest-africains ont souhaité un "APE régional équitable axé sur le développement", estimant que la perspective du TEC Cédéao constituait "un nouveau scénario d'accès au marché" de la région.

"Le sommet demande aux négociateurs en chef de l'Afrique de l'Ouest de reprendre diligemment les discussions avec la partie européenne dans l'optique de conclure dans les meilleurs délais l'accord régional", en souhaitant "la flexibilité nécessaire des deux parties dans la recherche des compromis sur l'ensemble des questions" en discussions et ce, dans l'intérêt mutuel des deux régions.

En Afrique de l'Ouest, l'UE a cependant déjà conclu des APE intérimaires avec le Ghana et la Côte d'Ivoire. 

Ces accords intérimaires devraient être remis en cause en cas d'accord régional, avait indiqué Kadré Désiré Ouédraogo lors d'une rencontre avec la presse internationale à Dakar deux jours avant le sommet.

 

AFP

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