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RDC: reprise de combats entre armée et rebelles du M23

De violents combats ont opposé vendredi l'armée congolaise et les rebelles du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), quatre jours après la suspension des pourparlers entre Kinshasa et la rébellion.

Des engins explosifs sont tombés au Rwanda, frontalier de la zone de combat,  provoquant une mise en garde de Kigali, qui a menacé Kinshasa de riposter.   

Les affrontements, qui ont provoqué la fuite de plusieurs milliers de civils, ont commencé dans la nuit à Kanyamahoro, près de Kibumba, à environ 25 kilomètres au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda et de l'Ouganda.

Ils se poursuivaient en fin d'après-midi, selon un communiqué des Nations unies, dont la Mission de stabilisation en RDC (Monusco) a soutenu l'armée dans les combats avec sa brigade d'intervention.

Selon un officier des Forces armées de la RDC (FARDC) "deux régiments" ont été engagés dans les combats, et l'armée a mobilisé des chars.

L'ONU a fait état de tirs de mortiers et de mitrailleuse lourde. Les affrontements ont été bien plus intenses que les divers accrochages ayant perturbé la trêve globalement respectée depuis le 30 août. Une offensive conjointe des FARDC et des Casques bleus contre le M23 avait alors fait reculer le front d'une quinzaine de kilomètres.

En début de soirée, les deux camps, qui se sont renvoyés mutuellement la responsabilité des combats, se félicitaient d'avoir gagné du terrain.

"Nous sommes toujours dans nos positions. La localité de Kanyamahoro est libérée par le M23", affirmait à l'AFP le porte-parole militaire des rebelles, Vianney Kazarama, tandis qu'un officier des FARDC déclarait: "Le M23 continue de perdre toutes les meilleures positions de Kibumba."

Située sur un plateau à près de 1.800 mètres d'altitude, Kibumba est un point haut verrouillant la zone contrôlée par le M23 plus au nord. Aucun combat n'était signalé sur le front nord de la zone sous contrôle du M23, dans la région de Mabenga (environ 80 km au nord de Goma), où l'armée s'est récemment renforcée.

"On entend des détonations au niveau des trois antennes, des petites détonations, pas des armes lourdes", a indiqué vers 19h00 (17h00 GMT) un défenseur des droits de l'Homme de Kibumba ayant fui son domicile. Ces trois relais téléphoniques sont situés au bout du plateau peu avant que la piste venant de Goma n'amorce sa descente.

Durant les combats, trois obus sont tombés au Rwanda, selon l'armée rwandaise, un officier de la Monusco ayant évoqué plus tôt la chute d'engins explosifs. Accusant les FARDC de "viser des civils", Kigali a menacé d'intervenir directement sur le sol congolais, comme l'armée rwandaise l'avait fait en août après des incidents similaires.

De son coté l'ONU a demandé une enquête au mécanisme conjoint de surveillance de la frontière.  

Du côté rwandais de la frontière, les autorités ont indiqué avoir noté dans la matinée l'entrée de 2.500 à 3.000 personnes fuyant les combats en provenance de RDC. L'ONU, elle, a avancé le chiffre de 5.000 passages. 

Selon un témoin, les gens continuaient de fuir au Rwanda en début de soirée.

Ces nouveaux combats surviennent alors que les négociations entre Kinshasa et les rebelles avaient repris à Kampala (Ouganda) le 10 septembre, après plusieurs mois d'arrêt.

Mais la suspension de ces négociations dans la nuit de dimanche à lundi avait suscité de nombreuses craintes d'un nouvel embrasement de violence au Nord-Kivu, riche province agricole et minière déchirée par la guerre depuis une vingtaine d'années.

Le porte-parole de la branche politique du M23, Amani Kabasha, a accusé le gouvernement de Kinshasa de se livrer à un "véritable sabotage du processus de paix".

Dans un message à l'AFP, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a rétorqué: "tout le monde sait qui sabote ces pourparlers [...] c'est le M23 au service d'un pays étranger qui compte sur la déstabilisation de la RDC pour faire main basse sur ses ressources".

Le Mouvement du 23 Mars (M23) contrôle une zone de quelque 700 kilomètres carrés limitrophe du Rwanda et de l'Ouganda, deux pays que Kinshasa et l'ONU accusent régulièrement de soutenir la rébellion, ce que Kigali et Kampala démentent.

Parti en avril 2012 d'une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée congolaise, le M23 demande la pleine application de l'accord ayant régi leur incorporation en 2009, et défend plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones, essentiellement tutsi.

AFP

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