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Cours particuliers : entre business et chantage

Alors que le ministre de l'Education nationale a promis d'interdire bientôt les cours particuliers, les parents en profitent pour dénoncer les pratiques douteuses de certains enseignants. «Si je refuse d'inscrire mon fils aux cours particuliers de son prof, je sais d'avance que l'enseignant le saquera dans ses notes, même si je suis persuadé que son niveau est correct et que ces cours ne lui apporteront rien. Ce chantage, tous les parents le subissent et personne ne peut déroger à cette règle.» Malika, fonctionnaire, a son fils en deuxième année secondaire. Elle dit vouloir le préparer au bac le plus tôt possible mais se sent «prise en otage» par les enseignants.  Zahia, quant à elle, débourse 2500 DA chaque mois pour quatre cours de soutien de physique le samedi. Elle sait aussi qu'elle devra payer plus cher à partir du mois d'avril, soit quelques semaines avant les compositions. Si elle confie se plier volontairement au «chantage» des enseignants, c'est pour que son fils décroche son bac. «Mon fils a doublé. Je veux qu'il passe à tout prix», témoigne Zahia. Pour cela, elle ne lésine pas sur les moyens. «Il est scolarisé dans un lycée dans l'un des quartiers les plus chics d'Alger. Je suis obligée de suivre les autres parents et d'offrir aussi aux enseignants des cadeaux, des parfums et des bouteilles de vin. Plus la matière a un coefficient élevé, plus le cadeau est de valeur.» «Parfois, on arrive à des sommes de plus de 25 000 DA ! Mais le résultat est garanti : lors du cours privé, le sujet de composition est donné et, parfois, on leur donne même la solution.» «Nous sommes obligés de suivre la majorité, même si nous n'approuvons pas ces méthodes, insiste Houria, mère d'une candidate au bac. Car tout est fait pendant ces cours.» Farida, elle, s'est même endettée pour payer les cours de sa fille l'année de son bac. «Tout le budget était versé aux cours privés», affirme-t-elle. Magouilles Les enseignants qui proposent des cours particuliers aux élèves qu'ils ont déjà en classe sont nombreux. Les cours ont lieu au domicile des élèves ou ailleurs. Une pratique «antipédagogique», selon les syndicats. Larbi Nouar, du Cnapest, préférerait, qu'au lieu d'interdire les cours, «plutôt trouver un cadre juridique». Idir Achour, du CLA, pense pour sa part qu'il faudrait «revoir les conditions sociales des enseignants». «Toutes ces magouilles, je les ai découvertes l'année passée lorsque mon fils aîné était inscrit à ces cours pour préparer son bac. Il n'a finalement pas eu la moyenne en mathématiques, alors que ses notes pendant l'année dépassaient 15/20. Cette année, il refera son bac sans cours, à l'exception de quelques cours de soutien qu'il prendra dans une école privée à quelques semaines des examens. Et c'est cet enseignant qu'il ne connaît pas qui l'aidera dans la préparation de l'examen», affirme Mouloud, pharmacien à Kouba. «J'appelle les parents à boycotter cette pratique. C'est une pratique malsaine et où personne n'y trouve son compte. Les enfants qui suivent ces cours croient qu'ils sont bons et les autres mauvais. Ces derniers finiront par perdre confiance en eux», témoigne Hassnia, fonctionnaire et mère d'élève. Hadjira, dont le fils est en 5e année primaire, croit savoir que ce phénomène «est dû à la surcharge des programmes et au cafouillage des langues». «On ne sait plus quoi enseigner à nos enfants. On n'arrive pas à les suivre à la maison. On préfère alors les confier aux enseignants, plus professionnels et nous sommes obligés d'assumer ensuite nos choix.» Faïza est fonctionnaire. Elle affirme avoir tenté de résister à la pression de sa fille qui lui répétait que «toutes ses copines» suivaient des cours à part elle. «Mais je n'ai pas tenu. Depuis le début de mois d'octobre, il y a la grève du Cnapest, même les enseignants en grève se sont mis à donner des cours privés !»

El Watan

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