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Madagascar: un mort et des incidents au 1er tour de la présidentielle

Le premier tour de l'élection présidentielle à Madagascar a été émaillé vendredi de plusieurs incidents, dont l'assassinat d'un représentant de l'Etat dans un bureau de vote, sans pourtant perturber un scrutin globalement calme.

Pour la plupart des Malgaches, le scrutin est un premier pas pour sortir de la grave crise politique, économique et sociale dans laquelle leur pays, mis au ban des nations, est plongé depuis le renversement en mars 2009 du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, l'actuel président de la Transition malgache.

A la mi-journée, le taux de participation était de 50% dans la région d'Analamanga (où est située Antananarivo) et de 35 à 45% en province, selon des chiffres de la Commission électorale repris par la radio nationale.

Dans le sud du pays, un chef de fokontany (chef de quartier, représentant de l'Etat au niveau local) a été tué par des inconnus à Benenitra en plein bureau de vote, mais cet incident était un règlement de comptes sans rapport avec l'élection, selon une source gouvernementale.

"Avant cette élection, des inconnus avaient déjà volé son bétail et incendié sa maison. Le chef du fokontany a voulu se réfugier dans le bureau de vote. Mais cela n'a pas suffit pour décourager ses ennemis", a précisé cette source à l'AFP.

Un autre chef a été enlevé dans un bureau de vote dans cette région réputée peu sûre, marquée par des affrontements à répétition entre les autorités et des voleurs de zébus.

"L'élection a repris son cours normal" très vite dans les deux cas, selon les autorités.

Et dans le nord du pays, un bureau de vote a été incendié, mais les habitants ont pu recommencer à voter dans un autre local.

A part ces incidents, le scrutin était qualifié de très calme par les observateurs interrogés par l'AFP.

"Nous n'avons pas eu de protestations, de plaintes de la part des délégués des partis politique. (...) Il n'y a pas de problème majeur dans ce processus électoral", a noté la chef de la mission des observateurs européens Maria Muniz de Urquiza, cinq heures après l'ouverture des bureaux.

Il n'y pas eu d'intimidation, a-t-elle ajouté, qualifiant l'élection de "très correcte".

"Comme tout début il y a quelques couacs parfois, mais ces couacs ne sont pas en mesure de remettre en question le processus. Espérons que ça va continuer", a commenté de son côté la représentante des Nations Unies à Madagascar, Fatma Samoura.

Après un début de journée électorale plutôt calme, des files d'attente s'allongeaient devant les différents bureaux de vote visités par l'AFP dans la capitale.

Parmi les "couacs", on constate ici et là que les listes électorales ne reflètent pas toujours les résultats du recensement des électeurs effectué l'an dernier.

"De 20 à 25% des gens recensés en 2012 ne sont pas sur la liste électorale", a expliqué Voahangy Rakotoarimanana, la secrétaire du bureau de vote d'Ampasandratsarahoby à Antananarivo. "Ces gens ne pourront pas voter".

A la question de savoir ce qui s'est passé, elle soupire: "Je ne sais pas, c'est le travail de la Cenit", la Commission électorale.

En outre, les cartes d'environ 15% des inscrits du quartiers n'ont été distribuées. "Ce sont des gens qu'on n'a pas pu trouver chez eux ou qui ont déménagé", explique Mme Rakotoarimanana.

Ont également été signalés des cas d'électeurs ayant des cartes électorales mais ne figurant pas sur les listes.

L'important est qu'ils ne puissent pas voter deux fois, pour Maria Muniz de Urquiza, qui rappelle qu'ils doivent tremper leur doigt dans de l'encre indélébile.

Quelque 7,8 millions d'électeurs malgaches sont appelés aux urnes pour départager 33 candidats. Les 20.001 bureaux de vote doivent fermer leurs portes à 17H00 (14H00 GMT), les premières tendances étant attendues dans la nuit.

Le président de la Transition Andry Rajoelina n'a officiellement pas de favori, mais son entourage a activement soutenu son ancien ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina, qui a bénéficié de gros moyens et a pu largement s'exprimer dans les médias.

En face, le camp de Marc Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud après avoir présidé Madagascar de 2002 à 2009, s'est rassemblé autour de Robinson Jean Louis, un médecin qui a été son ministre de la Santé.

AFP

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