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Mozambique: le président appelle au dialogue pour sauver la paix

Le président mozambicain Armando Guebuza a estimé jeudi que la paix dans son pays était "menacée" par les récents accrochages entre son armée et l'ex-rébellion de la Renamo, et appelé au dialogue pour sortir de la logique de confrontation.

"Le Mozambique vit actuellement une période où la paix est menacée", a lancé le chef de l'Etat lors d'un meeting à Metuchira, dans le centre du pays. "Cette période est un test, un examen de notre conviction à vouloir la paix ou non. Nous devons montrer que nous voulons la paix. Nous ne voulons pas de bouleversement, nous voulons continuer à nous développer".

Après plusieurs incidents armés sporadiques ces derniers mois, la tension est montée d'un cran lundi lorsque l'armée mozambicaine a investi la principale base militaire de la Renamo, dans le centre du pays. Des éléments isolés de l'ex-rébellion ont riposté en attaquant un poste de police mardi.

Mais le porte-parole de la Renamo, après avoir accusé le pouvoir d'avoir rendu caduc l'accord de paix de 1992, a fait savoir qu'il ne souhaitait pas une escalade de la violence.

Quoi qu'il en soit, ces accrochages ont réveillé le spectre de la guerre civile (un million de morts entre 1977 et 1992) suscitant des commentaires inquiets notamment des Etats-Unis et du grand voisin sud-africain, qui appellent toutes les parties à dialoguer pour résoudre les problèmes.

"Les Mozambicains ne sont pas faibles", a lancé jeudi le président Guebuza. "Dans ce moment test, nous devons avoir une solution. Cette solution est dans le dialogue. Nous devons tous continuer à nous engager dans le dialogue. Si nous dialoguons avec conviction, nous cesserons d'être faibles, nous seront forts et nous continuerons à nous développer".

La veille, son ministre de la Défense Filipe Nyusi avait justifié l'attaque de la base militaire de la Renamo en affirmant: "Cette opération était nécessaire pour démanteler ce noyau de terrorisme, et elle continuera dans le but de maintenir la stabilité dans le pays".

Le Mozambique, après deux décennies de paix, espère maintenant profiter des immenses réserves de gaz et de pétrole récemment découvertes au large de ses côtes pour booster sa croissance et attirer l'investissement international.

Or, la présence d'une guérilla armée, même affaiblie, est de nature à freiner ce développement, soulignent les experts.

Le pouvoir mêle donc un langage de fermeté à une politique de la main tendue, comme en témoigne les propos du porte-parole présidentiel, Edson Macuacua, contacté par téléphone: "Les forces armées donneront la réponse la plus efficace" à toute attaque de l'opposition, afin de garantir la sécurité des citoyens et la démocratie, a-t-il dit.

Mais, ajoute-t-il, le président Guebuza "n'a jamais déclaré la guerre" et reste disposé à rencontrer en tête-à-tête le chef de la Renamo Afonso Dhlakama. Dont personne ne sait d'ailleurs où il a fui après la prise de sa base par l'armée régulière.

L'ex-guérilla dénonce la politique du Frelimo, qu'elle accuse d'accaparer le pouvoir et les richesses naturelles, et de maintenir un système électoral qui défavorise lourdement l'opposition.

Le Frelimo avait obtenu 75% des voix à la présidentielle de 2009, contre un peu plus de 16% à la Renamo, qui a crié à la fraude.

AFP

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