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PLF 2014, du Verbe

La  présentation du projet de loi de finances 2014 par M. Mohamed Boussaid, le nouvel Argentier, devant la Chambre des Représentants, nous indique que le Gouvernement Benkirane 2 est enfin passé aux choses sérieuses. Pas trop tôt diront les Marocains, qui ont compris que “l’expérience Benkirane”, destinée à éviter les turbulences que “le printemps arabe” a causées, et cause encore dans plusieurs pays de la Zone MENA, était plus un exercice oral et conjoncturel que la mise en application d’une démarche concrète de développement économique et social!

Mais aujourd’hui, justement, ce dont le pays a besoin, ce ne sont ni polémiques, ni joutes oratoires, et encore moins populisme et démagogie, ce qui n’a malheureusement point manqué ces derniers mois dans l’arène politique nationale.

Les citoyens ont soif de visibilité, de pertinence, de responsabilité, de sérieux et d’efficacité, dans l’exercice et la pratique du pouvoir exécutif.

Peu leur importe, en fait, que le RNI soit associé aux destinées gouvernementales aux côtés  du PJD, du MP et du PPS. Ce qui compte, plus que tout autre chose, chacun ne se faisant plus d’illusion sur la qualité des convictions et des engagements politiques des leaders partisans d’aujourd’hui, ce sont les réelles aptitudes des responsables gouvernementaux à traduire en actes les promesses et les engagements afin que le quotidien, malgré la conjoncture, s’améliore.

Et les Marocains ne sont ni naïfs, ni ignorants. Ils savent que le pays a besoin de réformes profondes et courageuses, voire impopulaires, dont l’urgence est telle que nos “encadrants”, FMI et Banque Mondiale, se promettent et nous promettent de les imposer directement au cas où le gouvernement actuel venait encore à tergiverser, en un remake du PAS des années 80 du siècle dernier.

Et c’est justement là que le nouveau ministre de l’Economie et des Finances, M. Mohamed Boussaid, est attendu, à travers un PLF 2014 qui devra immanquablement marquer le début de la  concrétisation de ces réformes structurelles de la compensation, de la fiscalité, des retraites, etc.

On croit comprendre, d’ailleurs, que l’inéluctabilité de cette démarche est désormais bien comprise par les différentes formations politiques qui composent la nouvelle majorité.

On perçoit également que les états-majors partisans n’apprécient que très faiblement le fait qu’ils en paieront forcément le prix électoral dans quelques mois.

Mais c’est le passage obligé, à la fois pour mettre en place les réformes indispensables et, également, les pratiques démocratiques d’alternance par le biais du suffrage universel.

Aujourd’hui le PJD, le MP, le PPS et le RNI, “vont au charbon”, demain, ce sera le tour du PAM, du PI, de l’USFP, sans aucun doute…

Mais, en attendant ces évolutions inéluctables, que l’on comprenne bien que le momentum du Verbe est révolu.

Celui de l’Action est venu et il est quelque part fort réconfortant de savoir que les ministres à qui revient le redoutable devoir d’agir vite et bien sont, justement, des hommes largement détachés des préoccupations politiciennes.

C’est là le meilleur gage de leur réussite !

Fahd Yata

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