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Sud-Soudan: entretien "fructueux" entre Béchir et Kiir mais rien de concret

Les présidents soudanais Omar el-Béchir et sud-soudanais Salva Kiir ont eu des entretiens "fructueux" mardi à Juba, sur les sujets persistants de discorde entre leurs deux pays mais n'ont rien annoncé de concret, notamment concernant les tensions autour de la zone frontalière d'Abyei.

L'avenir d'Abyei, revendiquée par les deux pays, cristallise les tensions qui persistent entre les deux voisins, plus de deux ans après la partition du Soudan en juillet 2011, notamment autour de la question pétrolière et des accusations mutuelles de soutien à divers groupes armés.

"Nous sommes prêts à fournir l'effort supplémentaire pour faire la paix avec le Soudan", a assuré M. Kiir à son homologue soudanais, son ancien ennemi des deux décennies de guerre civile meurtrière (1983-2005) entre la rébellion sudiste et le régime de Khartoum.

"L'entrevue avec mon frère Salva Kiir a été fructueux (...) nous allons faire en sorte que toutes les questions en suspens soient réglées", a lui affirmé, sans autre détail, M. Béchir qui effectuait - après un premier déplacement en avril - sa deuxième visite à Juba depuis la proclamation de l'indépendance du Soudan du Sud.

Aucune avancée tangible n'a notamment été annoncée sur Abyei, présentée comme "l'un des principaux sujets sur la table" mardi et malgré l'appel la veille de l'Union africaine (UA) aux deux chefs d'Etat à "saisir l'opportunité de leur sommet pour prendre des mesures concrètes" concernant la région.

L'UA et l'ONU s'inquiètent de l'annonce, vendredi, par la communauté autochtone Ngok Dinka, population sédentaire de la région et branche de l'ethnie Dinka majoritaire au Soudan du Sud, de son intention d'organiser son propre référendum d'autodétermination à Abyei.

Une décision susceptible d'attiser les tensions, localement, entre les Ngok Dinka et la communauté arabophone et semi-nomade Misseriya, qui va et vient entre le Soudan et Abyei avec ses troupeaux et est favorable à un rattachement à Khartoum de la région, mais aussi entre Khartoum et Juba, avec à la clé un possible nouveau conflit ouvert entre les deux ex-ennemis.

Le chef des Misseriya a averti mardi que sa communauté pourrait elle aussi organiser son propre référendum, si l'initiative des Ngok Dinka n'était pas bloquée.

Le statut d'Abyei, grande comme le Liban et prise en étau entre le Soudan et le Soudan du Sud, est l'un des principaux litiges non résolus par l'accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile soudanaise et débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud.

Un référendum d'auto-détermination à Abyei, prévu par cet accord de paix global, a sans cesse été repoussé depuis, notamment en raison d'un désaccord entre Khartoum et Juba sur le corps électoral, et la médiation de l'UA sur le sujet est pour l'heure infructueuse.

Tensions chroniques

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Ahmed Karti, cité par l'agence officielle soudanaise Suna, s'est voulu rassurant mardi, estimant que "les entretiens entre les deux présidents suffisaient à éloigner les craintes que le dossier Abyei ne perturbe les relations en progrès entre les deux pays".

Mais selon un diplomate occidental, "il n'y aucune solution en vue à long terme" sur Abyei, où patrouillent quelque 4.000 Casques bleus.

Au menu des discussions de Juba figuraient également l'ouverture des postes-frontières aux habitants et commerçants des deux pays, le transport du pétrole sud-soudanais dans les oléoducs du Nord - indispensables à son exportation -, les échanges économiques et commerciaux entre les deux voisins et les questions de sécurité, selon le chef de la diplomatie sud-soudanais Barnaba Marial Benjamin.

Les sujets de friction laissés en suspens par l'accord de 2005 ont depuis alimenté les tensions, qui ont atteint leur paroxysme en mars 2012 avec des combats frontaliers et ont conduit les deux pays au bord de la guerre. 

Khartoum et Juba ont signé en septembre 2012 une série d'accords renforçant leur coopération dans divers domaines et instaurant une zone-tampon à leur frontière, non démarquée. Si les relations sont plus apaisées aujourd'hui, elles restent agitées par des accès de tension chroniques.

Début septembre, il avait fallu la visite de M. Kiir à Khartoum pour que le Soudan renonce à interrompre le flux de pétrole sud-soudanais à travers ses oléoducs, comme il en menaçait Juba, l'accusant de soutenir des groupes armés sur son territoire. Juba formule des accusations similaires contre le Soudan.

Les deux pays restent fortement dépendant l'un de l'autre: le Soudan du Sud a récupéré 75% de la production de brut du Soudan pré-partition, mais dépend des oléoducs soudanais pour l'exporter.

Entre janvier 2012 et avril 2013, l'arrêt de la production sud-soudanaise de pétrole avait coûté des millions de dollars, vitaux pour les économies en difficulté des deux pays.

AFP

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