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Trois sociétés décrochent les marchés… clés en main

Trois sociétés, turque, grecque et sud-coréenne, décrochent, dans la discrétion la plus totale, un contrat d'acquisition de trois centrales de turbines à gaz pour un montant de 550 millions de dollars environ chacune, en formule clés en main. Pourtant, il y a un mois, le PDG de Sonelgaz avait déclaré publiquement l'abandon de cette formule... Alors que le choix des constructeurs des six centrales électriques du plan d'urgence, dont la fourniture a été attribuée au géant américain General Electric (GE), n'a toujours pas été effectué, Sonelgaz vient d'octroyer un marché de réalisation, clés en main, pour trois centrales de turbines à gaz, d'une capacité de 1600 mégawatts à trois entreprises, turque, grecque et sud-coréenne. Cette décision a été prise dimanche dernier, séance tenante, lors de l'ouverture des plis des offres et dans la discrétion la plus totale, alors qu'habituellement, les médias sont conviés à cette cérémonie. Selon des sources bien informées, la célérité avec laquelle ce marché a été conclu laisse perplexe. «L'avis d'appel d'offres a été lancé vers la fin du mois d'août dernier. Il s'agit d'un autre plan d'urgence de 1600 mégawatts. Mais, à la différence de celui des six centrales électriques de 8400 mégawatts qu'a arraché General Electric, ce marché a été attribué avec la formule clés en main, c'est-à-dire que les trois entreprises retenues, la sud-coréenne Hanwa (400 mégawatts, à Biskra), la turque, Gama (600 mégawatts à Boufarik) et la grecque, Metka, (600 mégawatts à Hassi R'mel), vont assurer la fourniture des équipements, l'ingénierie et la construction des installations. Il faut signaler qu'exception faite de la grecque, Metka, qui a arraché un marché de 34 millions de dollars auprès de Sonelgaz en mai dernier, les deux autres sociétés n'ont jamais obtenu de contrat de ce genre en Algérie. Ont-elles les capacités et la maîtrise exigées dans ce domaine ? Vont-elles sous-traiter le volet construction avec d'autres sociétés, comme cela a été le cas par le passé avec GE et Alstom ? Nous n'en savons rien...», déclarent nos sources. Ce qui est certain, précisent-elles, c'est la célérité avec laquelle ce plan d'urgence a été lancé, alors que le premier, d'une capacité de 8400 mégawatts n'est toujours pas lancé. «Le fournisseur des équipements a été retenu, c'est GE, et les offres techniques et financières ont été rendues publiques au mois de juillet dernier, mais aucune décision n'a été prise quant au choix des entreprises qui réaliseront la construction...», déclarent nos interlocuteurs. Ces derniers s'interrogent sur les raisons qui ont poussé Sonelgaz à privilégier la formule clés en main, alors que son PDG, Noureddine Boutarfa, avait déclaré publiquement, lors d'une conférence de presse animée le 9 septembre dernier, l'abandon de la formule dans l'attribution des marchés de réalisation des centrales électriques, «pour réduire le coût de revient de ces usines». Il avait expliqué qu'«en domiciliant en Algérie la fabrication de quelques lots de centrales électriques, Sonelgaz va réduire les montants des contrats EPC» (Engineering, procurement & construction ou clés en main). «Cette politique nous a permis de ramener les coûts d'une centrale de 8000 MW au prix de celle de 2500 MW», précisant que «l'abandon de la formule clés en main marque le retour à la politique qui a prévalu avant la promulgation de la loi 2002 sur l'électricité et qui donnait à Sonelgaz le monopole dans la réalisation des centrales électriques en s'appuyant sur des projets d'intégration industrielle». Selon lui, «la loi de 2002 a privé Sonelgaz de ses prérogatives et les entreprises qui ont construit des centrales électriques après cette date recouraient à la formule clés en main. Elles avaient une stratégie commerciale, mais pas d'intégration industrielle. Mais moins de deux mois après, Sonelgaz a signé avec trois sociétés pour l'acquisition, clés en main, de trois centrales électriques d'une capacité de 1600 mégawatts.» Pour en savoir plus, nous avons tenté de joindre hier le PDG du groupe, en vain.