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-Des parents d'élèves accusent le Cnapest d'être responsable des perturbations de l'année scolaire en adoptant une attitude jusqu'au-boutiste. Que répondez-vous? Ce n'est pas les cours qui intéressent les parents d'élèves. Ces derniers s'inquiètent plutôt lorsqu'ils voient leurs enfants dans la rue au lieu d'être à l'intérieur des établissements. C'est le cas surtout des couples qui travaillent et qui n'ont pas la possibilité de surveiller leurs enfants. Les parents qui sont intéressés par les études sont très rares. J'exerce le métier  d'enseignant depuis 28 ans. Durant mon parcours professionnel, j'ai reçu à peine une dizaine de parents qui m'ont posé des questions sur les études et le niveau de leurs enfants. Les autres ne viennent voir les enseignants que lorsque leurs enfants sont exclus ou qu'ils doivent redoubler. Réellement, c'est l'enseignant qui a la charge d'aider et d'éduquer les élèves. Eduquer est la tâche primordiale de l'enseignant. Il est faux de croire que l'enseignant ne prend pas en compte l'intérêt de l'élève. -Les parents d'élèves estiment qu'il y a une façon de protester sans léser les élèves, à savoir le boycott des examens et la validation de l'année scolaire... C'est la même chose. Il y aura toujours le problème d'orientation et de validation des connaissances des élèves. La crainte des parents est légitime. -Comment allez-vous faire pour rattraper le temps perdu ? Il y a deux façons de faire pour ce qui concerne les cours : la méthode administrative, qui consiste à récupérer le nombre d'heures perdues. Cette méthode est bureaucratique. Nous, en tant que syndicat, insistons sur la récupération pédagogique. L'enseignant peut rattraper les cours d'une manière pédagogique. Cette méthode lui permet de rattraper les cours le plus normalement du monde. Il y a des leçons qui sont des prérequis pour d'autres leçons. Il y a des cours d'application qu'on pourra réduire à une ou deux applications, et ce, en plus des devoirs de maison. Le professeur droit choisir la meilleure méthode. L'expérience professionnelle de chaque enseignant est primordiale. Mais il y a 5 à 6 heures à récupérer pour chaque enseignant. Je lance un appel aux grévistes afin qu'ils fassent de leur mieux pour prendre en charge leurs élèves après la reprise des cours. -Et dans le cas où la grève perdure ? Nous sommes le maillon faible. La Constitution reconnaît le droit syndical. Si on croyait aux vertus du dialogue, on n'aurait pas accumulé tout ce retard. -Certains enseignants vous accusent de transformer une affaire personnelle en une revendication nationale ? Un syndicat forme des militants syndicaux. Si on touche à un syndicaliste et que le syndicat concerné ne riposte pas, cela provoquera l'effet de domino. Le syndicat est une organisation qui défend un métier. L'enseignant qui dit que c'est une affaire personnelle n'est pas conscient. Il se déleste de sa responsabilité.  -Lors des dernières négociations avec le ministre de l'Education, vous avez dit que ce dernier s'est montré compréhensif, mais que c'est son entourage qui l'a mal conseillé. L'entourage du ministre est-il seul responsable de l'échec des négociations ? Mieux vaut avoir affaire à Dieu qu'à ses saints. Le ministre a promis de nous donner une réponse lundi dernier (14 octobre) concernant l'affaire de l'enseignant radié. Au départ, il était favorable à sa réintégration. Mais des gens de son entourage l'ont convaincu que le pardon relève des prérogatives du président de la République. C'est pour cette raison qu'il est devenu par la suite réticent à la réintégration de l'enseignant radié dans la wilaya de Bouira.