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Centrafrique: la CEEAC ordonne un désarmement forcé

Les dix pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) ont ordonné lundi à la force africaine en Centrafrique (Misca) de désarmer "sans délai" et par la force si nécessaire "tous les éléments armés étrangers" qui martyrisent une population livrée aux crimes de bandes armées.

Lors d'un sommet extraordinaire à N'Djamena convoqué par le chef d'Etat tchadien Idriss Déby Itno, président en exercice de la CEEAC, les participants ont également exigé du régime de transition à Bangui la mise sur pied d'un calendrier précis sur l'organisation d'élections générales dans un délai de 18 mois.

Le Tchad, principal soutien du régime de Bangui, joue un rôle politique et militaire majeur chez son voisin centrafricain. 

"Les chefs de l'Etat et de gouvernement exigent le déploiement de la Misca sur tout le territoire centrafricain et lui demandent de procéder au désarmement et à l'éloignement sans délai, volontaire ou forcé, de tous les éléments armés étrangers du territoire de la République centrafricaine. A cet effet, ils décident d'apporter à la Misca l'appui aérien approprié", selon le communiqué final du sommet.

Depuis le renversement du président François Bozizé le 24 mars par la coalition rebelle Séléka dirigée par Michel Djotodia, la population du pays vit, selon l'ONU, "une tragédie", victime de meurtres, viols, pillages perpétrés par d'ex-rebelles et des mercenaires venus du Tchad et du Soudan qui avaient rejoint les rangs de la Séléka.

La force africaine - qui compte actuellement 2.500 soldats sur un total prévu de 3.600 - tente d'y rétablir la sécurité et de désarmer ces hommes. Mais son action est limitée par des difficultés logistiques et financières.

A cet égard, le sommet appelle la communauté internationale à apporter de "façon urgente un appui financier et logistique à la Misca".

"Instrumentalisation des populations"

Le chefs d'Etat ont également demandé au secrétariat général de la CEEAC et à l'Union africaine de "poursuivre leurs efforts en vue d'obtenir du conseil de sécurité des Nations unies un mandat robuste pour la Misca, sous chapitre 7 de la charte de l'ONU", qui autorise l'emploi de la force.

En réclamant des moyens et un mandat conséquents pour la Misca, les pays d'Afrique centrale se placent sur le même terrain que la France, l'ancienne puissance coloniale qui est montée en première ligne au Conseil de sécurité de l'ONU afin d'obtenir un renforcement du mandat de la force et se dit prête à augmenter le nombre de ses troupes dans le pays. Paris a un détachement de 400 soldats qui contrôlent l'aéroport de Bangui mais ne participent pas aux opérations de la Misca.

Sous pression internationale, le président Djotodia, présent au sommet de N'Djamena, a lui dissout la Séléka et cherche depuis à neutraliser les chefs des bandes armées qui en faisaient partie.

Les exactions sans fin d'ex-rebelles ont provoqué des violences inter-communautaires qui menacent désormais de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la grande majorité de la population, et musulmans. Les combattants qui formaient les rangs de l'ex-rébellion se revendiquent de confession musulmane et M. Djotodia est le premier président musulman de l'histoire du pays.

Sur ce point, le sommet a "condamné l'instrumentalisation des populations sur la base des appartenances ethniques et religieuses à des fins politiciennes".

Mais il a également exigé "l'organisation, dans les meilleurs délais, d'une conférence nationale incluant tous les acteurs de la vie politique et sociale de la RCA" et que le régime de transition désigne rapidement l'autorité en charge de conduire le processus électoral vue de l'élaboration et de la mise en ½uvre d'un calendrier précis" des élections générales devant se tenir dans un délai de 18 mois à compter du 18 août, date de la prestation de serment de M. Djotodia.

AFP

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