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La demande de liberté provisoire a été refusée

Sale temps pour les blogueurs en Algérie, le cyberespace est sous contrôle. L'affaire Abdelghani Aloui, jeune internaute arrêté pour des caricatures utilisées sur son compte facebook, lève le voile sur une volonté affichée de restreindre la liberté d'expression. Hier, le juge d'instruction de la 7e chambre des pôles spécialisés a refusé d'accorder la liberté provisoire au jeune homme, détenu à Serkadji, accusé d'«atteinte à la personne du président de la République», «outrage à corps constitués» et «apologie du terrorisme». La défense de Aloui a réagi en faisant appel devant la chambre d'accusation. Maître Amine Sidhoum, son avocat, assure que le jeune Aloui, qui a reçu ses parents hier, «tient le coup pour le moment». «Le juge d'instruction a le pouvoir d'appréciation et nous nous réservons le droit de faire appel... De plus, nous avons d'autres procédures à entreprendre dans les prochains jours et nous en parlerons au moment voulu», affirme Me Sidhoum. Originaire de Tlemcen, le jeune Aloui a été arrêté le 25 septembre dernier suite à la publication sur son compte facebook de photos montage et caricatures mettant en scène le Président et le Premier ministre. Une écharpe, trouvée chez lui par la police, sur laquelle est écrit «La Ilah illa Allah (il n'y a de Dieu qu'Allah)», lui a valu l'accusation d'«apologie du terrorisme». «Mon fils se trouve en prison pour avoir exprimé son opinion», a déclaré le père de Abdelghani Aloui a notre confrère El Khabar, en demandant si la profession de foi écrite sur une écharpe suffisait à faire accuser son détenteur d'apologie du terrorisme. Une pétition demandant la libération de Abdelghani Aloui a été relayée par les réseaux sociaux. «Au nom de la liberté d'expression, un droit censé être inaliénable, nous, citoyens indépendants, demandons la libération immédiate d'Abdelghani. Nous demandons aux autorités algériennes de respecter les principes et les valeurs démocratiques. Ces graves dérives autoritaires qui portent atteinte aux acquis démocratiques des Algériens doivent être sans cesse dénoncées et combattues», note le texte de ladite pétition. Les ONG internationales de défense des droits de l'homme, Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé, pour leur part, la détention du jeune Aloui et ont demandé sa libération. «Les autorités algériennes semblent vouloir étouffer toute critique à un moment d'incertitude avant l'élection présidentielle prévue l'année prochaine. Abdelghani Aloui doit être libéré immédiatement et toutes les accusations portées contre lui abandonnées», a déclaré Philip Luther, directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord d'Amnesty International.

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