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L'Ouganda ne s'attaque pas

L'Ouganda ne combat pas la corruption à haut niveau, ne condamnant pas les hauts responsables soupçonnés de malversations, ont dénoncé lundi dans un rapport l'ONG Human Rights Watch (HRW) et la faculté américaine de Yale.

"Aucun haut fonctionnaire, ministre ou personnalité politique n'a purgé la moindre peine de prison, malgré les enquêtes sur de nombreux scandales de malversations depuis plusieurs années et un impressionnant éventail d'institutions anti-corruption", indiquent les auteurs du rapport.

A l'inverse, "les militants anti-corruption risquent d'être arrêtés et inculpés", estiment HRW et le Centre de droit international humanitaire Allard K. Lowenstein de Yale dans ce rapport de 63 pages, rappelant qu'au moins 28 d'entre eux ont été arrêtés en 2013 lors de réunions d'information et certains inculpés d'incitation à la violence et de rassemblement illégal.

Le rapport dénonce un manque de volonté politique et surtout un système clientiéliste qui assure une protection juridique aux amis du régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

"Un manque de volonté politique a handicapé les institutions anti-corruption en Ouganda", dont les efforts sont "sapés via l'interférence politique, le harcèlement et les menaces", écrivent HRW et le centre Lowenstein.

Les détournements de fonds publics et dons de partenaires internationaux privent les Ougandais d'accès aux services de base, notamment en matière de santé, d'eau, de nourriture, d'éducation et de justice, poursuivent-ils.

Ils rappellent que fin 2012 un audit du Contrôleur général du gouvernement ougandais avait révélé un détournement de 10 millions d'euros d'aides internationales, destinées à des régions pauvres et ravagées par 20 ans de rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), par des fonctionnaires du cabinet du Premier ministre, Amama Mbabazi.

Face au scandale, Kampala a remboursé totalement ou partiellement les donateurs concernés - dont certains avaient suspendu leurs aides à l'Ouganda - mais M. Mbabazi est toujours en poste, assurant n'avoir rien su des malversations.

Le rapport note également qu'en 2010 45 millions de dollars avaient été détournés du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme et en 2006, 12 millions de dollars d'un programme de vaccinations.

Il cite aussi l'Autorité nationale du médicament, selon laquelle en 2011, plus de 100 centres de santé "fantômes", créés par des responsables corrompus, recevaient des fournitures médicales et de l'équipement.

L'Ouganda est classé 130e sur 176 pays dans le classement de la perception de la corruption de l'ONG Transparency International.

AFP

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