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Mali: "états généraux"

Des "états généraux de la décentralisation" se sont ouverts lundi à Bamako pour aider à résoudre la crise dans le nord du Mali et répondre notamment aux "frustrations"  des Touareg, selon le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

"Il nous faut apporter des réponses définitives aux frustrations de nos frères touareg", a déclaré le chef de l'Etat en ouvrant les travaux de cette rencontre qui s'achève mercredi.

Le chef de l'Etat, ancien Premier ministre élu en août et qui a pris ses fonctions en septembre, a reconnu des "insuffisances et des dysfonctionnements" dans la politique de décentralisation jusqu'alors menée au Mali.

Quelque 600 personnes participent à ces "états généraux", représentants de l'Etat et des régions essentiellement. Ils sont une des premières phases d'un dialogue censé pacifier le nord du Mali, soumis en 2012 à une rébellion touareg suivie d'un coup d'Etat militaire à Bamako, puis d'une occupation par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda dont des éléments restent actifs dans la région.

Selon le président Keïta, "l'une des causes du cataclysme qu'a connu notre pays est la déliquescence de l'Etat".

"Notre vision est celle d'un Etat fort", mais "l'Etat fort n'est pas antinomique des collectivités locales fortes" car "cet Etat doit garantir à tous les citoyens les mêmes droits, l'accès aux soins, à l'éducation....", a-t-il ajouté.

En dix ans, il y a eu "des écueils dans les huit régions administratives du Mali: la principale faiblesse de notre politique de décentralisation, est qu'il n'y a pas eu de réels transfert de compétences de l'Etat aux communes", a indiqué le ministre malien chargé de la Décentralisation, Malick Alhousseini, interrogé par l'AFP avant l'ouverture des "états généraux".

Si elle doit s'appliquer à l'ensemble des régions maliennes, une décentralisation plus poussée concerne plus spécifiquement le nord du pays, vaste région désertique qui occupe les deux tiers du territoire et où les infrastructures de base (eau, électricité, santé, éducation, routes) sont déficientes, voire inexistantes.

Les populations de ces régions issues de diverses communautés - Songhaï, Peul, Arabe, Touareg - se sentent abandonnées par l'Etat central. La pauvreté a servi de terreau depuis plusieurs années à divers groupes armés aux motivations politiques, religieuses et/ou criminelles, qui s'y sont livrés à toutes sortes de trafics et de violences.

"Main tendue" du MNLA

Leurs activités ont atteint leur paroxysme en 2012. Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui réclament l'autonomie de ce territoire qu'ils appellent Azawad, ont lancé en janvier une nouvelle rébellion, après celles des années 1960, 1990 et 2000.

Mais ils ont été laminés par les groupes jihadistes qui ont occupé la région pendant neuf mois, la transformant en sanctuaire avant d'en être en grande partie chassés par une intervention militaire internationale initiée par la France et toujours en cours.

Des représentants d'organisations de la société civile considérées comme proches du MNLA étaient présents aux "états généraux" à Bamako, a constaté un journaliste de l'AFP, de même que d'autres des camps de réfugiés maliens ayant fui le conflit dans le nord de leur pays.

Après s'être montrée très critique à l'égard de la politique du pouvoir, la rébellion touareg, qui a renoncé à sa revendication d'indépendance de l'Azawad, a publié dimanche un communiqué dans lequel elle affiche "sa ferme volonté et sa détermination à faire avancer les négociations engagées avec le gouvernement malien".

"C'est la main tendue et dans un esprit d'apaisement et avec bon coeur que le MNLA envisage les prochaines étapes des négociations censées reprendre à partir du 10 novembre", ajoute le texte.

Des pourparlers entre les rebelles touareg et le gouvernement sont prévus par un accord signé en juin à Ouagadougou, mais la date de leur tenue n'a pas encore été officiellement confirmée.

AFP

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