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Un berger malien, Tombouctou, juillet 2013 / REUTERS
Un berger malien, Tombouctou, juillet 2013 / REUTERS

Le Mali ne doit pas baisser la garde face aux djihadistes (qui ne dorment jamais)

Si le Mali veut éviter une autre guerre avec les djihadistes, il doit impérativement faire de la prévention.

Alors que l’on croyait avoir vaincu les djihadistes au Nord-Mali, ces derniers ont commencé à envoyer des signaux forts comme pour dire à Bamako de tempérer son triomphalisme. Les tirs d’obus sur Gao, des explosions de grenade à Kidal et l’attentat à Tombouctou, le 28 septembre dernier, sont autant de signes qui montrent que Bamako ne doit pas dormir sur ses lauriers.

Et ce n’est pas le représentant spécial de la Mission internationale de soutien au Mali (Minusma), Bert Koenders, encore moins le ministre malien de la Réconciliation nationale, Cheick Oumar Diarra, qui diront le contraire. Eux qui ont dépeint un tableau sombre des plans sécuritaire et social devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 16 octobre dernier.

Redoubler de vigilance

En demandant à cette instance onusienne et aux pays contributeurs de déployer, de façon urgente, de nouveaux moyens de transport, des hélicoptères et des bataillons supplémentaires sur le terrain, ces deux responsables montrent ainsi que l’heure est grave et qu’il serait imprudent de ne pas prendre au sérieux leur cri d’alerte.

Leur appel doit être entendu, sinon le Mali risque de se réveiller un beau matin sous une pluie de balles et de roquettes sans pouvoir y faire face. En tout cas, il urge que le Mali et ses partenaires redoublent de vigilance surtout en cette fin d’année.

En vérité, Bamako ne doit jamais baisser la garde. Tout laxisme doit être banni car ses ennemis ne se sont pas encore avoués vaincus. Loin s’en faut. Ils risquent même de lui réserver une surprise désagréable si elle ne prend pas vite la mesure du péril qui la guette et les dispositions nécessaires qui siéent.

C’est dire si le Mali a du pain sur la planche. Outre le problème sécuritaire auquel il doit faire face, il y a la question alimentaire et des services sociaux de base qui se pose avec acuité dans son septentrion. Les populations de cette région ont toujours le sentiment que Bamako les a abandonnées.

Nécessaire prévention

Les exigences de ces populations, pour autant qu’elles soient réalistes, doivent constituer une priorité pour Bamako. Cela est d’autant plus important que si elle échoue, les fous d’Allah pourraient regagner le cœur d’une partie de ces populations démunies. Ils ont la puissance de feu, mais aussi un colossal trésor bâti sur le trafic des armes et de la drogue. Ils pourraient ainsi utiliser leurs moyens pour séduire ces populations et regagner leur sympathie. Il est évident que face à la misère, certains n’hésiteront pas à vendre leur âme au diable. Ne dit-on pas d’ailleurs que ventre affamé n’a point d’oreilles?

Le Mali peut-il venir à bout de ces «illuminés»? Rien n’est moins sûr. Car il ne s’est toujours pas remis de son effondrement économique, social et militaire. Son armée n’est toujours pas réformée, les rancœurs étant toujours tenaces en son sein, le nerf de la guerre lui faisant également défaut. A cela, il faut ajouter la porosité des frontières de certains pays comme le Nigeria, la Libye et même le Niger voisin qui facilite la pénétration des terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

Un autre facteur non moins important est la nonchalance des organisations sous-régionales comme la Cédéao qui, jusque-là, n’a pu mobiliser que 6.300 hommes sur 12.000 attendus, pour le compte de la Minusma. Autant dire que les lendemains restent toujours incertains.

Le Mali ne doit pas baisser la garde car il est toujours à la croisée des chemins. En tout cas, il doit ouvrir l’œil et le bon. Il serait également de bon ton que la communauté internationale réagisse vite, avant que les fous du désert ne sortent de leur cachette. Assurément si le Mali veut éviter une deuxième guerre avec les groupes terroristes, il doit impérativement faire de la prévention. Et garder l’arme au pied.

Le Pays

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