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Mon fils n'a fait qu'exprimer son avis en tant qu'Algérien sur le 4e mandat du Président. Résultat, il a été arrêté et emprisonné, avec de lourdes charges qui pèsent sur lui...» Dans un entretien accordé à notre confrère El Khabar, le père de celui qui est appelé communément «le blogueur de Tlemcen» sort de son silence après l'arrestation le 25 septembre dernier et l'incarcération à la prison Serkadji de son fils Abdelghani, âgé de 24 ans. «A l'heure qu'il est, j'ignore qui a porté plainte contre mon fils. Je demanderai une audience au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, pour lui expliquer les tenants et les aboutissants de l'affaire, après quoi je me concerterai avec notre avocat pour décider de la procédure à suivre.» M. Aloui a précisé que son fils n'était militant d'aucun parti politique et n'appartenait à aucune organisation, quelle qu'elle soit : «Mon fils a un niveau scolaire de 9e année fondamentale et il m'assistait dans mon métier de technicien en froid (équipement et montage de matériels électroménagers) mais, il avait une grande passion pour les technologies modernes, d'où son intérêt pour l'internet.» Selon M. Aloui, «le 9 septembre des gendarmes, qui se sont présentés à mon domicile au quartier Koudia (périphérie de Tlemcen), ont procédé à la perquisition de ma maison et ont emporté l'ordinateur familial qui est aussi mon outil de travail. Mon fils était absent. J'ai accompagné les gendarmes à la brigade de Bab Wahran où ils m'ont remis une convocation pour mon fils pour se rendre à une brigade de gendarmerie à Alger. Abdelghani s'est donc déplacé à Alger de son plein gré pour répondre à cette convocation». Suite à son audition, le blogueur fut mis en détention préventive à la prison Serkadji. «Mon fils n'a fait qu'exprimer son avis en tant qu'Algérien sur le 4e mandat du Président. Résultat, il a été arrêté et emprisonné, avec de lourdes charges qui pèsent sur lui, mais j'ai confiance en la justice algérienne», continue-t-il. Dépité, M. Aloui déplore, en outre, le manque de soutien à son fils des associations et organisations de défense des droits de l'homme de la wilaya de Tlemcen. Selon l'avocat, Abdelghani Aloui a été arrêté pour avoir publié des photos montages et des caricatures du président de la République et du Premier ministre algériens. La justice l'accuse d'«outrage à corps constitués», d'«atteinte à la personnalité du président de la République» et d'«apologie du terrorisme». Au sujet de cette dernière accusation, le père dira que son fils avait «deux écharpes, noir et blanc, portant l'inscription 'Il n'y a de Dieu que Dieu'. Pour moi, il s'agissait d'un fanion de l'équipe de l'Entente de Sétif. Cela suffit-il pour accuser mon fils d'apologie du terrorisme ?» Un mouvement de solidarité a été lancé, par le biais d'une pétition, pour appeler à la libération de Abdelghani. «Ces graves dérives autoritaires, qui portent atteinte aux acquis démocratiques des Algériens, doivent sans cesse être dénoncées et combattues, afin que les citoyens algériens accèdent à une Algérie de droit, dans laquelle les libertés individuelles et collectives sont respectées», dit le texte de la pétition. Dans un communiqué, Amnesty International, par le biais du directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord, Philip Luther, réclame la libération du blogueur : «Les autorités algériennes semblent essayer d'étouffer les critiques en cette période d'incertitude précédant l'élection présidentielle de l'année prochaine. Abdelghani Aloui doit être immédiatement remis en liberté et toutes les poursuites engagées contre lui doivent être abandonnées...»  

El Watan

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