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Attaques du Westgate: la piste norvégienne

Un Norvégien d'origine somalienne est dans le collimateur des enquêteurs après l'attaque d'un centre commercial à Nairobi fin septembre, accréditant l'existence d'une filière qui aurait convaincu des jeunes de quitter le pays scandinave pour rejoindre les shebab.

Entre 20 et 30 personnes sont parties de Norvège pour s'engager dans les rangs des islamistes somaliens, parfois à des postes de commandement, selon le chercheur norvégien Stig Jarle Hansen, spécialiste de la Somalie.

"Ce n'est pas un recrutement massif mais certaines de ces recrues sont à prendre très au sérieux", a déclaré M. Hansen à l'AFP.

La BBC a affirmé jeudi soir qu'un des auteurs de la sanglante attaque contre le centre commercial Westgate en septembre, visible sur des images de vidéosurveillance, était un Norvégien d'origine somalienne de 23 ans, Hassan Abdi Dhuhulow, arrivé en Norvège pendant son enfance, en 1999.

Une proche de Hassan Abdi Dhuhulow, non identifiée, a affirmé à la télévision publique NRK que ce n'était pas lui qui apparaissait sur les images.

Les services norvégiens de renseignement intérieur (PST) n'ont pas confirmé vendredi que l'homme visible sur des images était Dhuhulow. En revanche, ils ont rappelé qu'ils enquêtaient sur l'éventuelle implication d'un ressortissant norvégien d'origine somalienne.

Il s'agit probablement de ce même Dhuhulow.

"Sur la base des informations recueillies jusqu'à présent (...), les soupçons sur sa participation sont renforcés", ont-ils annoncé vendredi.

Lancée le 21 septembre par un nombre encore imprécis d'assaillants --entre quatre et six selon les dernières informations fournies par la police kényane--, l'attaque avait duré plusieurs jours et fait au moins 67 morts, tandis que 23 personnes sont portées disparues.

Deux enquêteurs de PST sont à Nairobi. "Un aspect de l'enquête consiste à déterminer si (le suspect norvégien) est mort ou vivant", a expliqué à l'AFP un porte-parole de PST, Martin Bernsen.

Les services norvégiens disent s'inquiéter de l'augmentation du nombre de personnes qui ont quitté la Norvège pour participer à des conflits, s'entraîner dans des camps ou pour rejoindre des "réseaux terroristes".

Ils s'intéressent entre autres à Abdulkadir Mohamed Abdulkadir, Kényan d'origine somalienne, aussi connu comme "Ikrima", qui a également vécu en Norvège entre 2004 et 2008.

Al-Qaïda

Lié selon les Américains à des membres d'Al-Qaïda impliqués notamment dans l'attaque contre l'ambassade américaine de Nairobi en 1998, cet homme de 28 ans était la cible d'un raid des forces spéciales américaines le 4 octobre dans un bastion shebab du sud somalien, un raid dont les résultats ne sont pas clairement connus.

Selon la chaîne norvégienne TV2, "un rapport des services de renseignement kényans (...) montre qu'Ikrima est soupçonné d'avoir joué un rôle central dans la planification et la conduite de plusieurs attaques terroristes en Afrique".

Son nom a aussi été évoqué au sujet de l'attaque contre le Westgate, mais sans confirmation officielle à Oslo.

L'implication présumée d'individus venus de Norvège dans les opérations des shebab s'explique, selon M. Hansen, par la présence d'une forte communauté somalienne.

Quelque 33.000 personnes de nationalité ou d'origine somalienne vivent actuellement dans le royaume nordique, selon les statistiques officielles, formant l'une des ses principales minorités non-occidentales.

"Nous avons maintenant les mêmes problèmes que tous les autres pays avec une importante communauté somalienne, la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède et le Kenya par exemple", relève le chercheur.

Le Danemark et les Etats-Unis ont tous deux eu des ressortissants qui ont commis des attentats-suicide pour les shebab et, d'après M. Hansen, le "ministre de la Justice" des insurgés islamistes somaliens serait un imam venu de Suède, Fouad Mohammed Khalaf.

Relativement peu nombreux par rapport à la minorité somalienne, les candidats au départ passent généralement par un réseau, précise le chercheur. "Les shebab sont très critiques vis-à-vis des recrues et il faut toujours que des personnes s'en portent garantes", explique-t-il.

Le cas le plus connu jusqu'à présent en Norvège était celui d'un jeune homme enrôlé chez les shebab juste après avoir quitté la prestigieuse Garde royale norvégienne et qui a été tué en Somalie depuis.

AFP

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