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Maghreb : le soft power allemand en exercice

La capitale allemande, Berlin, a accueilli cette semaine le 1er forum des médias algéro-maroco-allemand, programmé par le ministère des Affaires étrangères allemand. Berlin de notre                                                                                                                                                                                  envoyé Durant trois jours, le politologue égypto-allemand Abdelazim El Difraoui a animé les discussions entre les représentants de médias (dont El Watan Week-end, El Khabar et Le Soir d'Algérie, côté algérien) des trois pays autour des thématiques du rôle des médias dans les transitions démocratiques, l'image de l'Allemagne dans les médias maghrébins et celle du Maghreb dans les médias allemands et enfin les relations algéro-marocaines et les défis de l'intégration régionale. L'ambassadeur Heinrich Kreft, délégué des Affaires étrangères allemand pour la recherche scientifique, l'éducation et le dialogue des civilisations, a commencé par poser les jalons des discussions entre professionnels des médias : «L'histoire politique de l'Allemagne nous apprend que seule l'adhésion complète à la démocratie peut construire une véritable citoyenneté», précisant que «la démocratie ne peut être un modèle imposé de l'extérieur mais doit naître de l'intérieur même des sociétés qui connaissent des transitions politiques.» Les participants maghrébins ont d'abord analysé la situation dans leurs pays respectifs en s'accordant sur «l'absence de véritables institutions qui limite la marche vers l'Etat de droit», comme l'a souligné Saad Tazi, directeur du Soir Echos au Maroc. Les retards dans l'édification de l'Etat de droit ont aussi des répercussions directes sur la paralysie qui frappe la construction de l'union maghrébine, favorisant plus des relations de méfiance attisée par le discours haineux des deux côtés de la frontière, comme c'est le cas entre l'Algérie et le Maroc. Les participants ont d'ailleurs évoqué cette relation comme étant autant d'«opportunités uniques et d'obstacles multiples». Ecueils Les journalistes algériens et marocains se sont accordés sur la nécessité de contourner les écueils politiques entre les deux pays (dont la frontière est fermée depuis presque vingt ans) pour élaborer des projets communs ou, du moins, créer de nouveaux espaces de discussion entre les deux sociétés civiles. Une dynamique qu'encourage le côté allemand, qui reconnaît le peu d'intérêt dans les médias pour les questions maghrébines, à part la situation en Tunisie, et à un degré moindre, le chaos libyen. «C'est un vrai paradoxe, souligne Hassan Znined, responsable de la version arabe de la Deutsche Welle en ligne. L'Allemagne est peu présente dans les médias algériens et marocains, malgré le poids de ce pays sur la scène européenne et mondiale, la bonne réputation de sa politique étrangère arabe et l'image généralement positive de la qualité allemande.» Une première explication est donnée par le journaliste allemand Marc Dugge, ancien responsable du bureau de Rabat de l'ARD (la première chaîne) : l'Allemagne a peu d'intérêts économiques dans les deux pays et entretient une moindre présence culturelle que l'Espagne ou la France, mais aussi il y a le faible poids de l'immigration maghrébine sur le sol allemand, il ne serait que 36 000 Maghrébins à y vivre. «Pourtant, ces deux pays, l'Algérie et le Maroc, nourrissent beaucoup de questionnements étant quelque part une exception dans ce qu'on appelle le Printemps arabe, ajoute Paul-Anton Krüger, rédacteur en chef de la rubrique internationale du grand quotidien Süddeutsche Zeitung. Le Maroc intéresse par sa transition soft et l'Algérie a un système politique assez mystérieux. Mais par exemple, les contraintes du visa, surtout en Algérie, bloquent beaucoup notre travail.» Le politologue Abdelazim El Difraoui a également souligné le peu d'intérêt qu'accorde la recherche académique en Allemagne aux deux pays et à la région maghrébine en général. Mais, comme l'ont proposé des professionnels algériens, il existe des moyens pour contourner ces problèmes, par exemple intensifier la présence linguistique et culturelle de l'Allemagne dans la région, car «la présence de l'Allemagne ne peut être réduite à des contrats dans l'industrie automobile». Par ailleurs, les nouveaux médias peuvent aider à diversifier l'intérêt de la presse allemande pour la région, en créant par exemple des blogs thématiques hébergés par les grands journaux allemands ou des plateformes d'échanges entre journalistes des trois pays pour maintenir un espace continu de discussions et de partage des expériences. En conclusion du forum qui a duré trois jours au centre de la capitale allemande, non loin de la ligne de partage qui balafrait la ville, les participants se sont accordé à maintenir ce cadre de dialogue et de réflexion, et étudier les pistes dégagées, notamment en ce qui concerne les relations algéro-marocaines, l'intérêt de plus en plus croissant de l'Allemagne pour le Maghreb, le renforcement des capacités de la presse maghrébine (encourager plus de presse locale et plus d'utilisation des nouveaux médias) et l'analyse du processus de transition politique dans la région.

El Watan

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