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Ce que va décider Bouteflika ne m’intéresse pas, car je suis candidat

Sur la jeunesse et la politique. Sur sa candidature à la prochaine présidentielle. Sur ce qu'il pense de son ancienne famille politique du FLN. Salim Khelfa, patron du PJD, balance ses vérités à El Watan Week-end. -La Télévision nationale a piraté le match entre le Burkina Faso et l'Algérie. Approuvez-vous cet acte ? Oui, quand il s'agit d'une question de souveraînté. Primo, Al Jazeera Sport n'avait pas à subordonner la vente de la rencontre à l'ouverture d'un bureau de la chaîne sportive à Alger, secundo, il est inadmissible que des millions d'Algériens soient privés de la retransmission. C'est pour cela que je soutiens la décision du directeur général de la Télévision.   -Pour vous, il est capital que la transition entre la vieille garde, qui tient les rênes du pays depuis l'indépendance, et la nouvelle génération se fasse en douceur.   Pourquoi ? Nous estimons qu'il est de notre devoir de respecter ceux qui ont fondé cet Etat. C'est pour cela que nous militons pour que le passage de témoin se fasse en douceur. Même si la vieille garde continue de penser que la jeune génération n'est toujours pas prête à prendre en charge l'avenir de ce pays, nous pensons qu'il faut continuer à établir des passerelles entre la famille révolutionnaire, la génération de l'indépendance et celle du futur. Nous ne pouvons pas oublier ce que cette vieille génération a apporté à ce pays. Elle a forgé notre conscience politique et nous a ouvert la voie. Le PJD n'aurait jamais pu exister si nous n'avions pas bénéficié de l'expérience des plus anciens. -Mais cette génération a confisqué le pouvoir et ne semble pas prête à le lâcher... Je ne partage pas cette analyse. En réalité, le tort revient à notre génération qui n'a pas pris ses responsabilités. Le problème réside essentiellement dans la désaffection des jeunes envers la politique et le mouvement associatif. Quand un jeune vient me voir pour se plaindre, je lui demande ce qu'il a fait pour son pays. Est-ce qu'il milite dans une association ? Est-ce qu'il a rejoint un parti ? La jeunesse algérienne a pris goût à l'assistanat. Elle veut être prise en charge sans rien donner en retour.   -Pour un parti qui se veut le porte-parole de la jeunesse, vous devez souffrir de ce désintérêt... C'est clair. La nouvelle génération ne se sent pas concernée par la chose politique. Il y a deux raisons à ce désintérêt. D'abord, la classe politique n'est pas exemplaire et les élus ne sont pas à la hauteur. Nous sommes face à des hommes politiques qui, par leurs agissements, sont en train de tuer la politique. Comment voulez-vous intéresser la jeunesse et la mobiliser quand elle a été trahie ? Quand un homme politique promet monts et merveilles, lors des élections, et oublie ses promesses une fois élu, il participe au sentiment de rejet qui touche la politique. C'est pour cela que nous essayons au PJD d'avoir un discours réaliste. Nous nous refusons de faire de la surenchère. -Parlons du FLN. Pourquoi avoir décidé de quitter le parti ? Est-ce parce que vous considériez qu'il n'accordait pas assez de place aux jeunes ? J'ai milité au FLN à l'âge de 17 ans. J'ai commencé comme simple militant et terminé au conseil national du parti. J'ai vu le parti abandonner ses idéaux nationalistes pour favoriser l'arrivée de l'argent dans ses structures. Au FLN, la règle était que les militants sincères et loyaux étaient toujours cantonnés au bas de l'échelle. Nous étions toujours en position de non-éligibilité lors des élections, alors que les hommes d'argent, qui n'avaient rien à voir avec le parti, se voyaient offrir les meilleures positions. Voilà les raisons qui m'ont amené à quitter le parti. -Dans un peu plus de six mois, il y a la présidentielle. Etes-vous favorable à un quatrième mandat du président Bouteflika ? Ce que va décider Bouteflika ne m'intéresse pas, car je suis candidat à la présidentielle de 2014. Ma candidature doit être le signal pour l'émergence, aux plus hautes fonctions de l'Etat, d'une nouvelle génération d'hommes politiques. Je suis jeune et capable d'accomplir des choses positives pour mon pays. Au parti, nous estimons que l'Algérie a besoin d'un Président jeune qui puisse se déplacer et être capable de régler les problèmes de la population. Nous ne voulons pas d'un Président qui reste cloîtré à la Présidence et se contente des rapports que lui transmettent les services concernés pour connaître l'état du pays. -Quelle est l'ambition politique de votre parti ? Nous avons créé ce parti pour que les Algériens retrouvent leur honneur. Mais également pour rétablir les travailleurs dans leurs droits, comme ceux de la Fonction publique qui, très souvent, se retrouvent coincés au même échelon jusqu'à leur retraite. Nous voulons permettre l'épanouissement des employés par la mise en place de cycles de formation. En outre, nous constatons que malgré les énormes réserves de changes que possède ce pays, nous n'avons pas pu relancer l'économie nationale. Aujourd'hui, faute de raffineries suffisantes, nous importons de l'essence de mauvaise qualité d'Italie. Nous sommes à la traîne, alors que dans les années 1970, nous étions des leaders en Afrique dans l'industrie, dans l'agroalimentaire... Nous sommes devenus un énorme pays qui ne sait plus que consommer. C'est pourquoi au PJD, nous voulons reconstruire un tissu industriel. Il faut également se tourner vers l'Afrique. Les perspectives les plus intéressantes pour les produits algériens sont sur le marché africain et non en Europe. -Vous avez le même discours que tous les partis politiques... Peut-être, mais au PJD notre discours est sincère. Ce n'est pas un discours de circonstance. En tant que président de parti, j'aurais pu adopter la posture d'opposant comme le font certains leaders de partis politiques. Mais je considère que la situation en Algérie est fragile. Elle a besoin d'hommes qui lui soient fidèles. Elle a besoin de nationalistes honnêtes. Je voudrais ajouter que si les partis politiques tiennent le même discours, c'est parce que nous nous trouvons tous confrontés aux mêmes maux. -Pensez-vous que l'amendement de la Constitution doit avoir lieu après l'élection, comme le réclament certains partis politiques ? Nous estimons au PJD que le peuple doit être consulté au préalable. Je milite pour qu'un référendum populaire ait lieu avant la présidentielle. -Mais êtes-vous favorable à l'amendement ? Nous sommes favorables à certaines modifications de la Constitution. Par exemple, nous approuvons la création du poste de vice-président de la République. Mais il nous paraît également important que le Président garde toutes les prérogatives que lui confère la Constitution. C'est pourquoi, nous ne sommes favorables ni à un régime qui donne plus de pouvoir au gouvernement ni à un régime parlementaire. Nous sommes en outre contre la limitation des mandats. Au parti, nous considérons que cela va à l'encontre des libertés et de la démocratie.

El Watan

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