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Sahara occidental: le Maroc cherche

Le Maroc, mis sous pression sur les droits de l'Homme, cherche à reprendre la main dans le dossier du Sahara occidental, une ex-colonie espagnole qu'il contrôle, au moment où l'émissaire de l'ONU effectue une nouvelle tournée pour sortir le conflit de l'impasse.

Au printemps, Rabat est parvenu à la force du poignet à écarter un projet américain élargissant aux droits de l'Homme le mandat de la Minurso, la mission onusienne présente dans la région depuis 1991. Dans sa résolution, le conseil de sécurité s'est finalement contenté de demander au royaume "d'améliorer la situation", en écho aux critiques d'ONG internationales.

A Laâyoune, la principale ville de ce vaste territoire d'un demi-million d'habitants, les manifestations indépendantistes qui avaient suivi cet épisode ont par ailleurs cessé, pour le moins temporairement.

S'exprimant vendredi devant le Parlement à Rabat, le roi Mohammed VI a toutefois tenu à prévenir tout "optimisme béat".

"La situation est difficile. Rien n'est encore tranché. Les man½uvres des adversaires de notre intégrité territoriale ne vont pas s'arrêter", a affirmé le souverain, exhortant "l'ensemble des citoyens" à la mobilisation.

"Au lieu d'attendre les attaques de nos adversaires pour y riposter, il faut plutôt les acculer à la défensive", a-t-il plaidé.

Selon la chercheuse Khadija Mohsen-Finan, auteur d'une thèse sur le Sahara, la question des droits de l'Homme va en effet "inévitablement revenir sur le tapis, au plus tard en avril", lors de la prochaine prolongation du mandat de la Minurso.

Déjà, le mois dernier, le Maroc a eu le droit à plusieurs piqures de rappel, dont un rapport critique du Département d'Etat américain adressé au Sénat. Ce texte, qui recensait les atteintes aux libertés d'expression et de rassemblement, entre autres, a aussitôt été jugé "partial, réducteur et déséquilibré" par Rabat.

Dans le même temps, le royaume a dû s'employer à faire amender un rapport de l'eurodéputé britannique Charles Tannock sur les droits de l'Homme au Sahel, initialement ravageur dans sa partie Sahara.

Mais, au-delà de ces actions ponctuelles, la meilleure réponse à apporter serait d'"accélérer le processus des réformes", notamment le programme de "régionalisation", relève auprès de l'AFP le chercheur Mustapha Naïmi, un ancien membre du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas, officiel).

En cela, un organisme institutionnel (le CESE) doit remettre cet automne son rapport final en faveur d'un "nouveau développement économique et social" pour le Sahara, auquel le royaume propose depuis 2007 une large autonomie sous sa souveraineté, note-t-il.

"Manque de visibilité"

Parallèlement, le Maroc doit tenir compte de la nouvelle approche de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, qu'il avait un temps désavoué l'an dernier pour "partialité", remarque Khadija Mohsen-Finan.

Après avoir fait le constat d'un échec des négociations directes entre le Maroc et les indépendantistes du Polisario, l'émissaire a élargi le champ de ses entretiens. L'automne dernier, conforté par Ban Ki-moon, il s'est rendu pour la première fois à Laâyoune et a rencontré des associations anti mais aussi pro-indépendance.

"Il y a de sa part une prise en compte de la société civile, qui a fait irruption ces dernières années dans l'espace politique régional", affirme Mme Mohsen-Finan, selon qui Rabat ne doit pas uniquement s'en tenir à la stricte comptabilité des pays reconnaissant ou ne reconnaissant pas la "pseudo République arabe sahraouie démocratique" (RASD).

Le Maroc doit, avant tout, "donner un contenu nouveau à l'autonomie, qui tienne compte des velléités de la population, des richesses à distribuer...", insiste-t-elle.

En attendant, à l'évocation de la nouvelle mission menée par M. Ross, Mustapha Naïmi se montre, lui, sceptique sur la perspective d'une percée diplomatique.

"Il y a un certain nombre de paramètres qui montrent que les choses n'ont pas tellement bougé", avance-t-il, déplorant notamment "le manque de visibilité" de cette tournée.

En mars dernier, l'émissaire onusien avait pourtant qualifié de "plus urgente que jamais" la résolution du conflit, en allusion à l'instabilité croissante au Sahel.

En outre, ce dossier empoissonne toujours autant les relations entre Rabat et Alger, qui soutient le Polisario dans sa quête d'un référendum.

"L'Algérie est résolument et catégoriquement attachée au droit des peuples à l'autodétermination", a répété lundi à l'AFP un porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères.

AFP

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