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Burundi: démission du premier vice-président désavoué par son parti

Le premier vice-président du Burundi, Térence Sinunguruza, désavoué par son parti l'Union pour le progrès national (Uprona), a démissionné, a-t-on appris mardi auprès de la présidence burundaise.

"Prenant acte" de la volonté de l'Uprona de voir M. Sinunguruza quitter ses fonctions, le président burundais, Pierre Nkurunziza, a demandé lundi matin à son premier vice-président de "prendre ses responsabilités", a expliqué le porte-parole adjoint de la présidence, Willy Nyamitwe.

"Dans l'après-midi, celui-ci a répondu à l'injonction du président et a présenté sa démission", a précisé M. Nyamitwe.

M. Sinunguruza, un Tutsi de 54 ans, ancien ministre de la Justice et des Relations extérieures du Burundi, était premier vice-président depuis la réélection de M. Nkurunziza en 2010. L'Uprona avait été l'un des rares partis autre que le parti présidentiel du Cndd-FDD à ne pas boycotter les élections générales de 2010.

Principal parti à majorité tutsi du Burundi, l'Uprona, qui accuse M. Sinunguruza "d'avoir fait passer ses propres intérêts avant ceux de son parti" et d'"être le principal facteur de division" au sein de la formation, avait demandé au président Nkurunziza de le remplacer depuis trois semaines, mais celui-ci avait jusqu'ici réservé sa réponse, a expliqué un haut cadre du parti.

M. Sinunguruza, qui se targuait de bénéficier du soutien présidentiel, refusait lui-même de démissionner. La donne a changé quand le groupe parlementaire Uprona et 51 des 68 membres du bureau exécutif l'ont officiellement lâché.

Le successeur de M. Sinunguruza sera également issu de l'Uprona et devrait être désigné d'ici jeudi. Le premier vice-président, chargé du secteur administratif, politique et sécuritaire, doit être d'une ethnie différente de celle du président et d'un parti dominé par une ethnie différente.

Même s'il est officiellement doté de peu de pouvoirs, le premier vice-président est considéré comme une garantie par la minorité tutsi, face au pouvoir détenu par l'ex-rébellion hutu du pays.

Si le départ du premier vice-président a "traîné en longueur", note un haut cadre du CNDD-FDD, c'est parce que "le président Nkurunziza veut en profiter pour procéder à un vaste remaniement ministériel, pour (...) se doter d'une équipe de campagne en vue des élections générales de 2015".

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