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Empire FIFA,

La FIFA est une organisation criminelle (...) La moitié de ceux qui dirigent l'instance est corrompue et l'autre ne dit rien car elle bénéficie des largesses de son président, Joseph Blatter.» Il le clame haut et fort Andrew Jennings, l'Ecossais vieux briscard de la BBC. «J'ai regardé dans le dictionnaire la définition d''organisation criminelle'. Tous les critères sont remplis : un leader, une omerta, aucun membre de la FIFA ne se permet de critiquer son organisation. Tout le contraire d'une démocratie. Zurich, où siège la FIFA, se situe quelque part entre Moscou et Pyongyang (interview A. Jennings, Le Monde, 30 janvier 2013). Pourfendeur des dirigeants de la puissante Fédération internationale de football qu'il accuse de corruption, le journaliste d'investigation - spécialisé dans les organisations sportives - a levé des pans de voile du «système FIFA» dans lequel prospérait, à l'ombre du «foot», la religion planétaire de milliards d'adeptes, le culte des gracieux pots-de-vin sur fond de spectacle et enjeux gigognes, politique, économique et financier. Achat (par les Etats) de l'organisation de la Coupe du monde, vente illégale des billets (44% des billets de la Coupe du monde vendus en catimini par la FIFA aux différentes fédérations), cessions glauques des droits télé et marketing... la liste des scandales éclaboussant des dirigeants et instances de la FIFA est aussi longue que fut la carrière de Joao Havelange, 96 ans, l'ex-président la Fédération internationale, contraint en avril dernier à céder son poste de président d'honneur de la FIFA pour corruption dans le cadre de l'affaire dite «ISL», du nom de la société de marketing qui avait l'exclusivité des droits de plusieurs Coupes du monde. L'affaire, révélée par un documentaire de Jennings diffusé par la BBC (le 30 novembre 2010), confondait aussi et pour corruption trois hauts responsables de la FIFA : Ricardo Teixeira (patron de la Fédération brésilienne), Issa Hayatou (CAF) et Nicolas Leoz (président de la Confédération sud-américaine). L'ISL, ce sont quelque 175 paiements illégaux faits entre 1989 et 1999 pour 100 millions de dollars. Prévu pourtant par aucune charte et textes onusiens, l'empire FIFA, du haut de ses 110 ans d'existence, avec ses démembrements régionaux et ses milices d'agents tapis dans chacun des Etats membres (209 fédérations nationales), a les leviers de son impérialisme. «Lorsque ses règles entrent en contradiction avec les lois des Etats, la FIFA parvient à faire lever les obstacles par enchantement», écrit, dans sa tribune, l'écrivain journaliste Pascal Jean Gimenez. «Si la mondialisation impose aux responsables politiques des règles très contraignantes qui freinent bon nombre de leurs initiatives locales, régionales ou nationales, la FIFA et le Comité international olympique (CIO) surfent sur les législations et obtiennent à chaque fois gain de cause. C'est ainsi qu'à Londres, lors des Jeux olympiques 2002, le CIO est parvenu à faire interdire l'utilisation de la carte Mastercard au sein du village olympique au profit de Visa, le sponsor officiel de l'évènement.» Déclarée «association à but lucratif», la FIFA, fondée en 1904, n'engrange pas moins les milliards de dollars à chacune de ses messes intercontinentales. Les Coupes du monde FIFA, une success story depuis 1930 certes, est aussi une gigantesque machine à cash. Lors de la Coupe du monde 2010 (Afrique du Sud), les droits de marketing et de télévision avaient rapporté 3,2 milliards de dollars à la FIFA, en hausse de 48% comparé au Mondial allemand en 2006.

El Watan

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