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Afrique du Sud: accords et divergences sur la table avec la France

Les présidents français et sud-africain François Hollande et Jacob Zuma ont fait un tour d'horizon des dossiers diplomatiques africains, parfois sujets de désaccords, et scellé d'importants contrats commerciaux bilatéraux lundi, premier jour d'une visite du chef d'Etat français en Afrique du Sud.

La France déploie depuis plusieurs années une intense activité diplomatique à l'égard de l'Afrique du Sud, notent des analystes interrogés par l'AFP. Cette activité répond au besoin d'avoir un partenaire suffisamment solide pour jouer un rôle actif dans l'avenir géopolitique du continent.

Les deux chefs d'Etat ont  notamment évoqué la Centrafrique et la République démocratique du Congo (RDC) où les troupes sud-africaines sont en première ligne dans le contingent onusien chargé de combattre les rebelles du M23 à la frontière rwandaise. 

En Centrafrique, "il y a urgence", a lancé le président français, alors que ce pays d'Afrique centrale s'enfonce dans le chaos. Il a confirmé que "la France y appuierait la force régionale qui sera constituée sous l'égide des Nations unies et avec l'appui de l'UA", l'Union africaine. 

La France "n'est pas là pour se substituer" aux forces africaines "mais pour encadrer, accompagner, appuyer, former", a dit M. Hollande.

Dimanche à Bangui, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait annoncé l'envoi de troupes supplémentaires pour porter le nombre de soldats français d'un peu plus de 400 à 750, voire 1.200 hommes, et venir en appui à la force panafricaine Misca, comme ce fut le cas au Mali.

L'Afrique du Sud a quant à elle perdu 15 militaires en mars en Centrafrique, la plus lourde perte depuis 1994, se retirant au milieu des polémiques sur  les objectifs de sa mission déployée avant la chute du président François Bozizé.

Très présent sur la scène africaine depuis le début de son mandat, marqué par l'intervention des troupes française au Mali contre les groupes islamistes armés, M. Hollande a rappelé que le sommet pour la paix et la sécurité en Afrique les 6 et 7 décembre aura pour objet "de favoriser la constitution de forces africaines régionales pouvant intervenir au bon moment". M. Zuma viendra à Paris pour cette occasion.

Accords commerciaux

Par ailleurs, les deux hommes ont affiché un désaccord sur les suites de la procédure contre le président kényan Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI). M. Zuma, comme ses collègues de l'UA, souhaite un report du procès, alors que la France a dit non.

"Ce qu'il faut apprécier, c'est déjà (que Zuma et Hollande) se parlent et acceptent de s'opposer ouvertement mais de manière très cordiale et amicale sur des questions de principe", a commenté le chercheur camerounais Paul Simon Handy de l'Institut des études de sécurité (ISS, Pretoria). Les relations franco/sud-africaines ont longtemps été "empreintes de méfiance", a-t-il rappelé.

"Sur la CPI , il n'y a pas de surprise. Sachant que le continent africain est composé d'Etats en construction, les Africains sont plus portés vers des considérations de maintien de la stabilité, tandis que les Occidentaux ont davantage une approche de résolution des conflits basée essentiellement sur le respect de principes universels", a-t-il analysé.

M. Hollande a également appelé de ses voeux "un partenariat équilibré" avec l'Afrique du Sud, un pays que "la France souhaite voir jouer un plus grand rôle dans les efforts pour la sécurité du continent", analyse David Hornsby, chercheur à l'université de Wits.

Le président français, accompagné de huit ministres et d'une vingtaine de chefs d'entreprises, a fait état de deux accords commerciaux importants: "Un accord entre GDF Suez et l'Afrique du Sud pour une centrale thermique à hauteur d'1,5 milliard (d'euros) et également une centrale solaire".

Et un autre contrat, déjà décidé depuis 2012: Le constructeur ferroviaire français Alstom a signé le plus gros contrat de son histoire avec l'agence publique sud-africaine des trains de passagers (Prasa). 

Alstom avait remporté ce contrat, annoncé en décembre 2012, en s'engageant notamment à créer 8.000 emplois dans le pays et en garantissant que 69% des pièces employées seraient "Made in South Africa" la deuxième année, et 99% la dixième.

Mardi, M. Hollande se rendra à Soweto où il visitera notamment l'ancienne maison de Nelson Mandela, transformée en musée. Il rencontrera l'épouse de l'ex-président sud-africain Graça Machel.

AFP

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