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Gouvernement Benkirane II : ‘‘Ça fait rire les oiseaux, ça fait chanter les abeilles…’’

Apparemment, c'est fini pour Benkirane. D'ailleurs, cela ne concerne que lui et collatéralement, bien sûr, le PJD, ce parti islamiste fruit d'un Printemps Arabe à l'origine d'une nouvelle Constitution et d'élections anticipées.

De l'avis de presque tous, la version II du gouvernement Benkirane déçoit. Tant attendu, depuis plus de trois mois, le nouvel Exécutif arrive avec des hommes et des femmes loin de faire l'unanimité, et que rien ne semble réunir.

De ce fait, la déception reste grande. Une impression de trahison des électeurs PJD, voire de manque de légitimité démocratique, pointe à l'horizon.

De prime abord, la composition de ce gouvernement semble pléthorique, avec des départements créés rien que pour la forme, ou la satisfaction de certains milieux (alors que Benkirane ne cesse de s'opposer fermement à créer des emplois dans la fonction publique). Le cas de certains départements, notamment de l'Eau, l'Environnement, l'Intégration de l'Informel, avec tous ces ministères délégués satellites, en atteste. Le comble reste ce jeu de chaise musicale ! En quoi cela pourrait-il changer la donne si des ministres quittent tel département pour un autre ? Certainement à rien, si ce n'est pour faire plaisir à tous. Le Chef du Gouvernement Benkirane le reconnaît d'ailleurs en soulignant que l'essentiel est que ''ce sont des ministères pleins''. Que du remplissage, si l'on peut dire.

 

Obscurantistes hier, modernistes aujourd'hui... !

 

Sur le plan managérial, on peut facilement déduire que la logique de marchandage partisan a fortement marqué la ministrabilité de certains et certaines, d'où, de nouveau, le grand risque de se trouver en face d'un gouvernement dispersé et hétérogène. Benkirane, lui, ne l'accepterait certainement pas et les nouveaux arrivés, eux, ne seraient pas non plus prêts à accepter sa mainmise sur l'Exécutif, compte tenu, bien entendu, de leur statut makhzènien de premier plan. C'est dire que le ''Tappatronite'' de Benkirane ne sera certainement plus comme avant.

Dès lors on comprend que face à une telle situation, Benkirane finira par voir s'effriter sa commanderie.

Politiquement maintenant, on a compris que la nouvelle version de la coalition démontre à quel point Benkirane tenait, pour diverses considérations politiques et politiciennes, à sauver sa majorité. De ce fait, il lui aura fallu faire nombre de concessions. La première, qui incontestablement en dit long, n'est autre que la présence du RNI et du PJD au sein de la même coalition gouvernementale. Effectivement, c'est une grande interrogation. Qui aurait justement imaginé une alliance PJD/RNI, deux formations politiques qui s'adonnent depuis 2011 à des dénigrements pas tout à fait ''corrects'' d'un côté comme de l'autre ? Les dirigeants de la Lampe et de la Colombe ont en effet excellé en la matière. Et à vrai dire, les multiples accusations sans répit ni relâche ont été bien trop virulentes et flagrantes pour tomber si vite dans les oubliettes.

On retiendra toutefois cette conviction implacable de Mezouar qui ne cessait de rappeler à qui voulait bien l'entendre : ''Pas question de s'allier avec les obscurantistes'', allusion faite, bien entendu, aux islamistes du PJD. Et sur un autre registre, le Président du RNI Salaheddine Mezouar aurait apparemment imaginé le scénario actuel bien avant que Benkirane ne revienne vers lui : ''Nous devons préserver la crédibilité du jeu politique. Chacun doit rester fidèle à ses choix et à ses priorités. Qu'adviendra-t-il de notre crédibilité si demain Mezouar et Benkirane dépassent leurs désaccords profonds pour gouverner ensemble ? C'est la démocratie de notre système politique qui en prendra un coup'', avait bel et bien dit Mezouar en décembre 2011... Après tout, comment en effet, deux adversaires pareils ont-ils pu, et en si peu de temps, tourner une page récente marquée d'autant d'accusations, insultes, polémiques et autres ? La nature composite du Gouvernement Benkirane II serait la réponse idéale à cette interrogation. Il ne manquerait apparemment qu'un ministère attribué à qui vous savez, l'ennemi n°1 de Benkirane,  pour y croire fortement ! Et autrement dit, c'est peut-être le début de la fin pour Benkirane et... peut-être bientôt pour le PJD.

H.Z 

La Nouvelle Tribune

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