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Frontière : les Marocains dénoncent des

Après les dernières déclarations du ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, la société civile marocaine réagit. Pour elle, plus rien n'explique que depuis presque vingt ans, la frontière entre l'Algérie et le Maroc reste fermée. «On ne comprend pas quel est l'intérêt de l'Algérie et du Maroc de prendre en otages les populations pour des différends politiques, s'emporte Ahmed El Haij, président de l'Association marocaine des droits humains. Cette situation est déplorable, elle n'a pas de sens !» Les dernières déclarations du nouveau ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, ont fait réagir les militants marocains qui se mobilisent depuis des années pour la réouverture de la frontière avec l'Algérie. En cause, une toute petite phrase au milieu d'une longue interview donnée à la radio : «Les raisons qui ont amené à la fermeture de la frontière ne sont pas encore réglées.» Malgré des nuances, «les relations entre l'Algérie et le Maroc ne sont pas extrêmement tendues et ont un potentiel d'amélioration», ces propos viennent confirmer, pour certains, les craintes exprimées dans la presse marocaine après la nomination du nouveau chef de la diplomatie algérienne TelQuel avait parlé de «cauchemar diplomatique» en évoquant «l'hostilité constante» de Ramtane Lamamra aux positions du Maroc. «Chez nous, contrairement à l'Algérie, personne ne s'exprime ouvertement contre l'ouverture de la frontière, relève Mehdi Alioua, professeur à Sciences-po, université internationale de Rabat. Mais il est clair qu'à l'intérieur du pouvoir, certains s'y opposent, en accusant régulièrement l'Algérie de vouloir ''déstabiliser'' le Maroc.» Fatiha Daoudi, présidente de l'association Ryage.com pour le développement humain et culturel de l'oriental marocain, en est persuadée : «Le contentieux politique entre l'Algérie et le Maroc risque de durer encore cinquante ans. Alors au lieu de parler de politique, il vaut mieux se concentrer sur les droits humains. On n'a jamais vu de frontière fermée pendant presque vingt ans !» Clandestins Ancienne résidente de Oujda, Fatiha, qui avait sa s½ur à Sidi Bel Abbès, milite depuis 2007 pour que des solutions pratiques soient trouvées. «Comme un simple laissez-passer. Pour que les gens puissent se rendre à l'enterrement de leur proche et vivre dans la dignité, ce qui n'est pas le cas quand on doit passer la frontière clandestinement.» Mehdi Alioua s'interroge aussi : «Pourquoi ne laisse-t-on pas les sociétés respirer ? La question de la frontière permettrait de dire que nous sommes autre chose que des pays arabes -nous avons d'autres identités, dont des identités amazighes qui nous rapprochent très clairement, et autre chose que des nations, produit de la colonisation française.» D'après le recensement de 2009, les Algériens représentent la deuxième communauté étrangère au Maroc (17,7%) après les Français (29%). La province d'Oujda-Angad concentre à elle seule 29,3% des Algériens, suivie de Casablanca (19%), de Berkane (11%), de Rabat (4%) et de Fès (4%). Sanae Nouioua, photographe de 31 ans, anime un groupe facebook «Pour que les frontières Maroc-Algérie soient ouvertes». «Je suis à moitié algérienne, à moitié marocaine, mais je considère que c'est l'Algérie qui ne veut pas ouvrir la frontière pour des prétextes politiques qui ne tiennent pas. Le dossier du Sahara occidental n'a rien à voir avec le quotidien des frontaliers qui s'adorent et vivent ensemble, assure-t-elle. Même chose pour la contrebande : c'est à l'Etat de renforcer la sécurité. Il y a deux ans, je n'ai pas pu me rendre aux obsèques de mon parrain, décédé au Maroc, parce que je me trouvais en Algérie. Mais quand est-ce que le peuple dira non à tout ça ?»  

El Watan

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