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Maroc: de nombreux défis attendent le gouvernement islamiste

Après des mois de tractations, les islamistes au pouvoir au Maroc sont parvenus à former un nouveau gouvernement, dans lequel ils sont désormais en minorité alors que des réformes économiques importantes doivent être menées.

Ce remaniement intervient trois mois après le retrait en juillet dernier de l'Istiqlal, le principal allié des islamistes du Parti justice et développement (PJD) dans l'ancienne coalition gouvernementale.  

Le PJD, cantonné durant des décennies dans l'opposition avant de remporter un succès historique lors des législatives de novembre 2011 dans le contexte du Printemps arabe, s'est retrouvé fragilisé par le départ de l'Istiqlal. Le parti a du faire de sérieuses concessions pour convaincre le Rassemblement national des indépendants (RNI) de faire partie de la nouvelle coalition gouvernementale.

L'islamiste Saad-Eddine El Othmani, ancien député et l'un des dirigeants du PJD, a ainsi abandonné le ministère des Affaires étrangères au profit du chef du RNI, Salaheddine Mezouar.

Le roi Mohammed VI, qui a nommé le nouvel exécutif lors d'une cérémonie officielle au palais royal de Rabat en fin d'après-midi, doit s'exprimer vendredi devant les députés à l'ouverture de la session d'octobre du Parlement.

Le nouveau gouvernement, dont l'annonce a été reportée plusieurs fois, comprend par ailleurs six femmes au lieu d'une seule dans l'ancienne équipe.

En minorité dans l'actuel gouvernement remanié, les islamistes doivent surtout mener d'importantes réformes économiques, dans un pays qui a connu en 2012 une aggravation de son déficit (plus de 7% du PIB), et où l'emploi des jeunes reste un enjeu économique majeur.

Il faut notamment "retrouver l'équilibre macro-économique", et mener "la réforme de la Caisse de compensation et les réformes fiscales", estime le politologue Mohammed Tozy, joint par l'AFP.

La caisse de compensations, en cours de réforme, subventionne à grand frais des produits de base.

Très critiqué par le roi cet été, le portefeuille de l'Education nationale a vu le remplacement, à sa tête, de Mohammed El Ouafa, un ancien membre du parti de l'Istiqlal, par Rachid Belmokhtar, un technocrate sans appartenance partisane.

Les jeunes "demeurent confrontés à certaines contraintes dans leur vécu ou dans leurs perspectives d'avenir", avait déclaré  le roi en août à propos de la réforme de l'enseignement, réclamant des "des stratégies propres à préparer nos jeunes pour des lendemains meilleurs".

Le problème du chômage des jeunes est également évoqué par M. Mezouar, avec lequel le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane avait mené l'essentiel des tractations.

"Le nouvel exécutif devrait répondre aux attentes des citoyens, ½uvrer particulièrement en faveur des jeunes et lutter contre les disparités sociales", a indiqué le nouveau ministre des Affaires étrangères après la nomination du nouveau gouvernement.

Le gouvernement est plus étoffé que le précédent, avec 39 ministres contre 31.

Le ministère de l'Intérieur est désormais dirigé par le technocrate Mohamed Hassad, assisté par un autre indépendant, le ministre délégué Cherki Draiss, tous deux d'anciens hauts fonctionnaires du même département.

Malgré sa victoire historique aux législatives fin 2011, le PJD, ne disposant pas de la majorité, a du former une coalition hétéroclite au sein de laquelle figuraient l'Istiqlal mais aussi le Mouvement populaire (MP) et le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS).

M. Benkirane a mené tout l'été des négociations avec le Rassemblement national des indépendants (RNI, libéral) pour pallier au retrait de l'Istiqlal et éviter des élections anticipées.

AFP

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