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Centrafrique: l'ONU envisage l'envoi de Casques bleus

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi à l'unanimité une résolution qui envisage le déploiement dans plusieurs mois de Casques bleus en République centrafricaine (RCA), en proie à l'insécurité et à une crise humanitaire.

Dans un premier temps, le Conseil a décidé de renforcer la Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique), une force de l'Union africaine (UA) censée sécuriser le pays, avec pour perspective de la transformer éventuellement en mission de maintien de la paix.

La RCA, un des pays les plus pauvres du monde, est livrée à l'anarchie depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition rebelle, la Séléka. Des éléments incontrôlés de la Séléka font régner la terreur en toute impunité et 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, ont besoin selon l'ONU d'une aide humanitaire d'urgence. Des combats entre hommes de la Séléka et paysans exaspérés par les exactions des ex-rebelles ont fait des dizaines  de morts dans le nord-ouest du pays.

La résolution, adoptée à l'initiative de la France, est "un premier pas", a souligné l'ambassadeur français Gérard Araud. Il s'agit, a-t-il ajouté, "de sensibiliser à une crise trop souvent ignorée par la communauté internationale".

"La RCA qui se sentait oubliée est aujourd'hui sous les projecteurs", s'est réjoui l'ambassadeur centrafricain, Charles-Armel Doubane, qui a remercié avec effusion les 15 membres du Conseil. Cette résolution, a-t-il dit, "donne une lueur d'espoir" à son pays, "où l'Etat s'est effondré".

La Misca ne compte pour l'instant que 1.400 hommes, sur les 3.600 prévus, et manque cruellement de moyens.

La résolution 2021 "encourage les pays de la région et d'autres pays africains à participer à la Misca". De plus, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devra présenter au Conseil dans un délai d'un mois "des options détaillées pour un soutien international à la Misca, y compris sa transformation éventuelle en une mission de maintien de la paix de l'ONU".

Il faudra pour cela une deuxième, voire une troisième, résolution, qui pourraient être votées à la fin de l'année, puis au printemps 2014.

La France en première ligne

"Sur la base du rapport (de M. Ban), nous verrons quelle sera la décision", a expliqué M. Araud. "Mais l'ONU ne va pas dire du jour ou lendemain à l'UA: c'est nous qui prenons la direction des opérations". Une autre option serait d'aider la Misca à planifier ses opérations et de créer en sa faveur un fonds alimenté volontairement par les Etats membres.

L'ONU pourrait suivre ainsi le modèle appliqué au Mali, où des troupes africaines avaient fourni l'ossature de la Minusma (Mission de l'ONU pour la stabilisation du Mali).

Mais la France "ne va pas faire en RCA ce qu'elle a fait au Mali, où elle a répondu à une urgence", a souligné M. Araud, qui envisage un "renforcement limité" de la présence militaire française à Bangui (450 hommes, chargés de protéger l'aéroport de Bangui et la communauté française). Ce contingent pourrait passer à 700 hommes et Paris dispose aussi de plusieurs bases dans la région.

La France, ancienne puissance coloniale, est en première ligne dans cette "crise oublié" qui ne passionne pas ses partenaires. A la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre, le président François Hollande avait lancé un "cri d'alarme". Paris fait valoir qu'un affaiblissement durable de l'Etat en RCA risque d'en faire un repaire pour des mouvements terroristes.

La résolution demande aussi à l'ONU de "renforcer" son Bureau intégré pour la consolidation de la paix en RCA (Binuca). Celui-ci devra aider à organiser des "élections libres, équitables et transparentes" et enquêter sur les exactions "commises dans tout le pays".

La résolution dénonce les violations des droits de l'homme "commises par des groupes armés et plus précisément par des éléments de la Séléka et par l'Armée de résistance du Seigneur". Ces groupes sont invités à "déposer les armes immédiatement", à prendre des mesures pour éviter le recrutement d'enfants soldats et les violences sexuelles et à faciliter la fourniture de l'aide humanitaire.

Des sanctions sont prévues contre "ceux qui nuisent à la paix, la stabilité et la sécurité" ou qui entravent la transition politique.

AFP

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