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Abdallah al-Raghie, le fils d'Abou Anas al Libi, s'adresse à la presse, 6 octobre 2013, Tripoli. REUTERS/Stringer
Abdallah al-Raghie, le fils d'Abou Anas al Libi, s'adresse à la presse, 6 octobre 2013, Tripoli. REUTERS/Stringer

Libye: L'enlèvement d'un leader d'al-Qaida embarrasse Tripoli

Des commandos américains ont enlevé un leader présumé d'al-Qaida. La Libye demande des explications tout en redoutant les conséquences sur son territoire.

Capturé à l'aube, samedi 5 octobre, dans une banlieue de Tripoli, Abu Anas al-Libi serait désormais retenu à bord d'un bâtiment de guerre américain, le San Antonio, au large de la Méditerrannée, selon des responsables américains cités par Reuters.

Abu Anas, de son vrai nom Nazih Abdel Ahmed al-Raghie, était recherché par les Etats-Unis pour son rôle supposé dans les attentats commis, le 7 août 1998, contre les ambassades américaines de Nairobi, au Kenya, et de Dar es-Salaam, en Tanzanie, qui avaient fait près de trois cents victimes et blessé des milliers d'autres personnes.

Comme le rappelle le quotidien Le Monde, «cette opération constitue l'une des plus importantes actions menées contre al-Qaida par les forces spéciales américaines, depuis l'élimination de leur chef, Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011.»

En 2000,  l'homme avait été inculpé avec 20 autres responsables présumés d'al-Qaida, dont Oussama Ben Laden et l'actuel chef du réseau islamiste, Ayman al-Zawahiri.

Avec l'appui de Tripoli?

Le gouvernement libyen était-il au courant de l'exfiltration américaine, cette pratique consistant à capturer un suspect dans un pays étranger en ignorant les procédures d'extradition? Les autorités libyennes ont déclaré ne pas avoir été informées de l'action américaine sur son territoire

«Le gouvernement libyen suit les informations sur l'enlèvement d'un des citoyens libyens recherché par les autorités des Etats-Unis (...) Dès qu'il a entendu l'information, le gouvernement libyen a contacté les autorités américaines pour leur demander des explications à ce sujet», a indiqué le gouvernement de transition dans un communiqué publié à Tripoli.

Abdullah, 21 ans, l'un des fils du présumé leader d'al-Qaida, affirme, au contraire, que les forces libyennes ont participé à l'enlèvement de son père. D'une des fenêtres de la maison familiale fortifiée et haute de quatres étages, il dit avoir vu son père traîné jusqu'à une fourgonette et enlevé sans le moindre coup de feu. Dans les colonnes du Gardian il raconte qu'il a reconnu des Libyens grâce à leur accent et leur démarche. Ils accompagnaient, selon lui, les forces spéciales étrangères.

La capture d'Abu Anas al-Libi par des forces américaines n'est pas sans risque. La pratique de l'exfiltration, mise en oeuvre sous George W. Bush, fait l'objet de nombreuses critiques. Par ailleurs cet enlèvement survient dans une Libye encore instable, en proie à des troubles, notamment entre Tripoli et certaines tribus.

Lu sur Le Monde, The Guardian

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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