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Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA) ne croit pas en la possibilité de voir tamazight consacré langue officielle dans la nouvelle Constitution. «C'est un leurre. Moi je n'y crois pas», a avoué M. Merahi, hier à Boumerdès, en marge d'une journée d'étude sur le thème de l'harmonisation des concepts utilisés dans l'enseignement de tamazight. Pour lui, l'annonce faite par certaines voix officieuses concernant l'officialisation prochaine de tamazight «vise à faire saliver les Amazighs et les faire respirer un peu». Youcef Merahi qualifie de «très grave» la déclaration faite par Ahmed Benbitour récemment à Bouira, au sujet de la langue amazighe. «Il a dit que l'officialisation de cette langue doit passer par un référendum. C'est très grave, surtout lorsque ça vient de la part d'un ancien chef de gouvernement, d'un homme politique de sa valeur et de quelqu'un qui pourrait devenir président de la République demain. En tout cas, je serai le premier à ne pas voter pour lui», a-t-il asséné, en soulignant que les contraintes qui empêchent l'émancipation de la langue amazighe sont surtout d'ordre politique. L'orateur affirme que les problèmes posés en 1995 subsistent à ce jour, en réclamant l'obligation de l'enseignement de cette langue en caractères latins. «En vertu de quoi l'enseignement de cette langue doit rester facultatif, aucun argument convaincant ne nous été donné à ce jour sur ce sujet», demande-t-il. «Nous avons démarré avec 16 wilayas. Aujourd'hui, nous en sommes à 10. On a 24 000 apprenants, dont 80% sont concentrés dans trois wilayas. Si on avait dès le début commencé à partir du primaire, on n'en serait pas là aujourd'hui, à discuter du problème de l'harmonisation des concepts. Tamazight est enseigné à partir de la 4e année primaire alors que cela devrait être fait dès le préscolaire.»  L'autre contrainte est liée à la «demande sociale». «On nous a dit qu'on ne peut ouvrir une classe que s'il y a une demande de la part des parents. C'est une décision contre nature qui va à l'encontre d'une langue maternelle», a-t-il dénoncé. Pour lui, «le dossier de tamazight a été mis à l'intérieur d'un engrenage qui fait que chaque année au lieu d'avancer, on recule». Pour étayer ses propos, l'orateur note que «le HCA est en train d'être cassé pour abandonner les missions qui lui sont dévolues». «Des cadres de l'institution qui ont pris leur retraite, il y a 10 ans, n'ont pas encore été remplacés. Le grand scandale, c'est que cela fait huit ans que le président du HCA, le regretté Si Iddir Aît Amrane est décédé, mais on n'a toujours pas désigné celui qui va lui succéder à son poste. Alors que l'actuel président du Haut-Conseil de la langue arabe a été nommé deux mois après l'installation de M. Ould Khelifa à la tête de l'APN», regrette-t-il.  M. Merahi relève, par ailleurs, le problème de formation des formateurs et les difficultés auxquelles font face les licenciés en tamazight pour se faire embaucher car, mis à part l'enseignement, ils n'ont droit d'exercer aucune autre fonction.  Notons enfin que de nombreuses communications ont été présentées lors de la journée par des chercheurs en langue amazighe. Les participants à la manifestation ont relevé notamment les incohérences contenues dans les manuels scolaires et les difficultés rencontrées par les enseignants pour assumer leur mission en raison de l'existence de concepts mal adaptés. Le séminaire sera clôturé aujourd'hui par l'élaboration de recommandations qui seront transmises aux spécialistes afin de remédier à ces insuffisances.

El Watan

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