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Guinée: la communauté internationale mobilisée contre les violences

La communauté internationale tente d'éviter une explosion de violence en Guinée où l'opposition crie à la "fraude" et réclame l'annulation des législatives du 28 septembre, dont le pouvoir revendique la victoire sans attendre les résultats.

Les opposants, qui dénoncent depuis des mois les conditions d'organisation des législatives qui doivent doter la Guinée de son premier parlement démocratiquement élu, menacent de faire descendre leurs partisans dans les rues, engageant ainsi une confrontation à haut risque.

Depuis le début de l'année, les manifestations d'opposants au président Alpha Condé, élu en 2010, ont systématiquement dégénéré en violences, faisant une cinquantaine de morts et des centaines de blessés.

Depuis deux jours, le représentant spécial de l'ONU en Afrique de l'Ouest, l'Algérien Saïd Djinnit, arrivé vendredi à Conakry, multiplie les consultations, épaulé par les représentants des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne (UE) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

"Notre priorité, c'est éviter les violences", a déclaré à l'AFP l'ambassadeur des Etats-Unis à Conakry, Alexander Laskaris, qui refuse d'aller "encore compter les morts".

"Si l'on veut que le pays décolle, il faut tourner cette page électorale", dit encore un diplomate sous couvert d'anonymat.

Considéré comme un des pays les plus pauvres de la planète - plus de la moitié de ses 11 millions d'habitants vit avec moins d'un dollar par jour - , la Guinée est souvent qualifiée de "scandale géologique" tant son sous-sol regorge de gisements miniers (bauxite, fer, or, pétrole, diamants...), dont certains sont encore inexploités et très convoités.

Samedi soir, à l'issue de longues tractations, d'abord avec les chefs de l'opposition, puis au sein d'un "comité de suivi" du processus électoral, M. Djinnit a arraché aux parties une "déclaration" minimaliste appelant au calme et à une publication "le plus rapidement possible" et "dans la transparence" des résultats.

"Scores soviétiques"

"C'est un v½u pieu, une suggestion mais qui n'aura aucun effet", a réagi dimanche dans une déclaration à l'AFP le porte-parole de l'opposition, l'ancien Premier ministre Sydia Touré, pour qui la Commission électorale nationale indépendante (Céni) s'est "totalement discréditée".

"Nous avons discuté deux heures hier (samedi) à mon domicile avec Saïd Djinnit, les ambassadeurs de France, des Etats-Unis et de l'UE. Ils nous disent qu'ils vont faire en sorte que la Céni travaille mieux, mais elle est totalement manipulée par le pouvoir en place!", s'insurge-t-il.

"L'opposition maintient sa position et exige toujours l'annulation du scrutin", a-t-il confirmé, accusant la Céni d'avoir invalidé des milliers de votes dans les circonscriptions favorables aux opposants tout en créditant le parti au pouvoir de "scores soviétiques" dans ses fiefs.

Dès lundi, les observateurs de l'UE avaient regretté d'"importantes carences organisationnelles", citant en particulier un fichier électoral "ni épuré ni consolidé", le "manque de transparence" et la "politisation" de la Céni, un recours "massif" du parti au pouvoir aux moyens de l'administration, des anomalies dans la cartographie électorale etc.

Mais le climat s'est encore alourdi au fil des jours face à la lenteur de la Céni pour publier les résultats complets.

"Le pouvoir revendique la majorité, l'opposition demande l'annulation du scrutin. Pendant ce temps, la Céni n'a toujours pas annoncé les résultats provisoires. Mais où est-on ?", s'agace un diplomate.

Dimanche matin, seuls les résultats de 17 circonscriptions sur 38 avaient été rendus publics, sans qu'aucune tendance puisse encore être dégagée en raison du caractère mixte du scrutin (uninominal et proportionnel).

Samedi soir, la Céni a toutefois promis de publier "bientôt" des "résultats globaux partiels".

"Il n'y aura aucune surprise", assurait dimanche fataliste Boucara Bah, un responsable de l'opposition joint par l'AFP à Fria (ouest). "Nous savions depuis le début que le pouvoir allait organiser sa victoire, mais nous avons accepté quand même d'aller au vote sous la pression de la communauté internationale".

Mais, dit-il, "nous savons bien que si nous appelons aux manifestations, il y aura des pertes de vies humaines, et aucune élection ne vaut cela".

AFP

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